Julius Maada Bio a parlé de l’AES et de la CEDEAO avec Ibrahim Traore ce 16 septembre

L’initiative s’enracine dans la conviction exprimée par le Président sierra-léonais le 5 août dernier, lorsqu’il avait plaidé pour «un partenariat plus étroit et plus fort» entre la CEDEAO et l'AES.

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Le Président Julius Maada Bio aux côtés d'Ibrahim Traoré (DR-Julius Maada)

Ouagadougou (© 2025 Afriquinfos)- Dans le cadre de ses efforts de rapprochement avec la Confédération des États du Sahel (AES), le Président sierra-léonais, et président en exercice de la CEDEAO, Julius Maada Bio a entrepris une tournée diplomatique marquée par des rencontres avec les dirigeants du Burkina Faso, du Niger et du Mali. Ces visites interviennent à l’occasion du deuxième anniversaire de la création de l’Alliance des États du Sahel. Elles pourraient favoriser le rapprochement et l’apaisement des tensions pour encourager une coopération renforcée entre les deux organisations régionales.

«Notre bloc régional a toujours défendu la paix, l’unité et la prospérité partagée pour tous nos citoyens», a déclaré Julius Maada Bio sur les réseaux sociaux à son arrivée dans la capitale burkinabè. Le Président en exercice de l’Autorité des Chefs d’État de la Cédéao a souligné le caractère «très productif» de ses premiers échanges avec le Capitaine Ibrahim Traoré.

Cette démarche diplomatique s’inscrit dans la continuité de l’appel au dialogue lancé par le dirigeant sierra-léonais en août 2025, témoignant de sa volonté de surmonter les fractures qui ont secoué l’architecture régionale ouest-africaine.

 Cette rencontre s’est articulée autour de deux axes principaux: des discussions bilatérales visant à consolider la coopération entre la Sierra Léone et le Burkina Faso, et des consultations stratégiques sur les enjeux régionaux et internationaux. Les deux délégations ont participé à une séance de travail élargie, complétée par un entretien en tête-à-tête entre les deux dirigeants.

Cette visite constitue la deuxième mission diplomatique de Julius Maada Bio à Ouagadougou en l’espace de treize mois, après celle d’août 2024. Cette fréquence témoigne de l’importance stratégique accordée par la CEDEAO au maintien du dialogue avec les pays sahéliens, malgré leur sortie officielle de l’organisation.

L’initiative s’enracine dans la conviction exprimée par le Président sierra-léonais le 5 août dernier, lorsqu’il avait plaidé pour «un partenariat plus étroit et plus fort» entre les deux blocs régionaux, estimant qu’il était «impératif de construire une relation plus forte» avec les nations sahéliennes.

L’AES, une histoire régionale récente

Après avoir annoncé leur retrait de la CEDEAO en janvier 2024, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont franchi une nouvelle étape en transformant l’Alliance des États du Sahel en Confédération en juillet 2024. Leur départ définitif de l’organisation ouest-africaine s’est matérialisé en janvier 2025, conformément aux procédures statutaires. La visite de Julius Maada Bio traduit une approche pragmatique visant à préserver les liens historiques et à construire de nouveaux cadres de coopération adaptés aux réalités actuelles de la sous-région.

Son profil marqué par son expérience des coups d’État dans les années 1990 en Sierra Leone où il a participé au renversement d’un régime, puis pris à son tour le pouvoir, lui confère une expertise rare sur les Transitions difficiles entre pouvoir militaire et civil.

Ce parcours lui permet en outre d’entretenir un dialogue plausible avec les dirigeants de l’AES, eux-mêmes issus de régimes militaires. Maada Bio a reconnu les difficultés de cette période, présentant ses excuses pour certains actes reprochés, et notant que sa démarche a abouti au rétablissement du multipartisme en 1996. Cette expérience rend son rôle d’intermédiaire particulièrement stratégique, dans une Afrique de l’Ouest troublée par des tensions internes et interrégionales.

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