Journée de la Femme africaine ce 31 juillet: Défis pressants la gent féminine du continent

Afriquinfos Editeur
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Célébration de la Femme Africaine (DR-Al Ahram )

Lomé (© 2025 Afriquinfos)- La célébration annuelle de la Journée de la femme africaine ce 31 juillet, a été  une fois de plus un moment pour mettre en lumière les combats menés par les femmes du continent, saluer leurs contributions déterminantes à la libération de l’Afrique et au développement durable de nos sociétés. Mais c’était aussi l’occasion de plancher sur les défis persistants pour les femmes en Afrique.

Par ailleurs, la célébration de cette année 2025 était axée autour du thème : ‘’Faire avancer la justice sociale et économique pour les femmes africaines à travers les réparations’’. Une trame autour de laquelle plusieurs femmes se sont prononcées.

Au Togo, le Réseau des comités des femmes travailleuses du Togo (RECOFET/Togo) a initié le jeudi  une séance de sensibilisation sur la convention C190 de l’Organisation internationale du travail (OIT) relative à l’élimination de la violence et du harcèlement dans le monde du travail.

Le RECOFET /Togo a mobilisé ses membres autour du thème : « Pour un monde de travail sans violence ni harcèlement : ratifions la C190 de l’OIT ». A travers ce thème, il s’agit pour les responsables du réseau de sensibiliser les femmes sur le contenu de cette convention. Il a été question d’éclairer la gent féminine syndicaliste sur le bien-fondé de cette convention adoptée en 2019 à Genève en Suisse par la conférence générale de l’OIT. La finalité est d’amener ces femmes à faire des plaidoyers auprès des autorités en vue de la ratification de cette convention par le Togo.

La Ministre de la Population, de l’Action sociale et de la Solidarité Nationale du Niger, professeur Sidiko Ramatou Diarma Koyeseini, a rendu un hommage appuyé à toutes les femmes africaines.

Dans son message, elle a déclaré que cette commémoration vise à faire le point sur les progrès réalisés en matière de droits des femmes et d’égalité de genre, à identifier les perspectives d’amélioration et de transformation sociale, à sensibiliser l’opinion publique et à interpeller les États pour un engagement accru en faveur de l’autonomisation réelle des femmes.

Un appel à une prise de conscience collective

 ‘’Les réparations ne se limitent pas à des compensations financières. Elles représentent un processus de transformation visant à restaurer la dignité humaine’’, a-t-elle martelé.

Constance Yaï, l’ancienne ministre ivoirienne de la Promotion de la Femme et fondatrice de l’Association ivoirienne pour les droits des femmes a dans cette même veine déploré l’invisibilisation du travail des femmes et appelle à une prise de conscience collective :

« Quelle serait une société sans femmes ? Allez dans des espaces, rendez visite aux gens, là où il n’y a pas de femmes : ça ne marche pas. Mais comment faire pour que notre travail soit perçu, soit reconnu ?, interroge-t-elle

’Cette visibilité pour laquelle nous militons ne peut exister que si les hommes et les femmes comprennent la nécessité de construire une société solidaire. On ne saurait construire ce monde-là en excluant les femmes. Et malheureusement, c’est ce qui se passe’’, a-t-elle fait valoir.

‘’Que les femmes arrêtent de s’asseoir sous les bâches à applaudir lors d’événements politiques. Elles font ce qu’on attend d’elles, mais elles ne font pas toujours ce qu’elles-mêmes attendent d’elles-mêmes. La femme ne s’écoute pas. La femme subit l’exclusion de ce monde patriarcal’’, a-t-elle dénoncé.

Chantal Faïda, militante des droits humains en République démocratique du Congo, a souligné le rôle central que peuvent jouer les femmes dans l’espace public.

« La société est constituée de deux personnes, l’homme et la femme, et donc elle ne peut évoluer qu’avec l’apport de l’homme et de la femme’’.

Pour Eliane Mokodopo, ancienne ministre de la Promotion de la famille en République centrafricaine, il s’agit d’adapter les valeurs traditionnelles au monde moderne.

« On ne devrait pas sortir justement de ces valeurs traditionnelles africaines, mais, en revanche, les adapter au contexte actuel. C’est-à-dire que nous devons avancer avec les femmes, avec les hommes. Et elle réclame une justice sociale, elle réclame uniquement ses droits pour avoir une place au sein de la société.

Qu’on lui reconnaisse cette place-là, parce qu’elle embrasse beaucoup de choses. Elle est dans le développement économique, elle est moteur de développement, elle mène des activités génératrices de revenus. 80% à 90% des femmes travaillent. Elles arrivent à innover, elles arrivent à stimuler la croissance économique et inclusive au niveau de leur communauté.« 

Les voix féminines se multiplient sur le continent. Et même si les revendications se heurtent encore à des résistances, leur rôle dans les dynamiques sociales, économiques et politiques semblent de plus en plus difficile à ignorer.

Vignikpo Akpéné