Inside Burkina Faso: Quand une enquête de 16 minutes fait ‘trembler’ Ibrahim Traoré

Une enquête : Inside Burkina Faso. Une journaliste : Yousra Elbagir. Il n'en fallait pas plus pour ébranler la junte militaire burkinabè.

AfriquinfosCom
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Capture d'écran 'd'Inside Burkina Faso' de la journaliste Yousra Elbagir.
Capture d'écran 'd'Inside Burkina Faso' de la journaliste Yousra Elbagir.

Ouagadougou (© 2026 Afriquinfos)- Depuis quelques jours, l’enquête de la journaliste britannico-soudanaise Yousra Elbagir, intitulé Inside Burkina Faso fait couler beaucoup d’encre au Burkina Faso et au-delà.

En effet, si la transition burkinabè s’est évertuée à vendre l’image d’un Burkina Faso plus rayonnant, sécurisé, stable et détaché de toute relation féodale, elle était loin d’imaginer que ce château de sable s’écroulerait par une enquête initié par une journaliste qu’ils avaient eux-mêmes autorisé à tourner sur le territoire.

Cette enquête de terrain menée à Ouagadougou, présentant des conclusions alarmantes de la junte militaire burkinabè, a été accueillie par les partisans de celui qui est venu au pouvoir par un putch en septembre 2022, comme une tentative de déstabilisation du pays tandis que d’autres applaudissent un travail journalistique qui dépeint la triste réalité vécue par les populations, hélas masquée par une vaste campagne de propagande menée par le régime.

Inside Burkina Faso, met en lumière une situation sécuritaire critique dans le pays. On apprend ainsi que plus de 4.500 personnes ont perdu la vie et que près de 60% du territoire échappe désormais au contrôle de l’État. Cette perte de contrôle est d’autant plus évidente que l’équipe de presse a été interdite de sortir de la capitale. Une restriction qui démontre l’incapacité du gouvernement à sécuriser les routes nationales.

Par ailleurs, le titre de l’enquête, suggère que la transition militaire se transforme progressivement en un projet de confiscation du pouvoir. C’est une analyse qui fait polémique mais cette enquête apporte des preuves précises et documentées que les discours officiels ne peuvent plus ignorer aujourd’hui.

Quelle ironie ! sachant que la liberté de la presse au Burkina Faso est en berne depuis la prise de pouvoir de Ibrahim Traoré, notamment avec la suspension en 2024 des médias internationaux tels que TV5Monde, Deutsche Welle, Ouest-France, Le Monde, Apanews, The Guardian, et Agence Ecofin ainsi que  l’expulsion des journalistes Sophie Douce et Agnès Faivre, respectivement correspondantes du Monde Afrique et de Libération, en avril 2023 après avoir réalisé une enquête sur des assassinats présumés d’enfants dans un camp militaire. C’est un coup de masu qui tombe sur le pouvoir de l’actuel Président de l’AES qui a lui-même autorisé le tournage de cet élément, ignorant bien sûr, l’angle de l’enquête.

Une chose est sûre, malgré les critiques virulentes des partisans du régime, Inside Burkina Faso, est une enquête que le capitaine Ibrahim Traoré ne risque pas d’oublier de si tôt !

Yaëlle L.