Fin de l’exil togolais de Paul-Henri Sandaogo Damiba, ex patron de la Transition au Faso

M. Damiba avait pris le pouvoir en janvier 2022, dans un putsch contre le Président élu de l'époque, Roch Marc Chirstian Kaboré, avant d'être à son tour renversé neuf mois plus tard par le capitaine Ibrahim Traoré, toujours au pouvoir sous le MPSR II.

Afriquinfos Editeur
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L'ancien Président de la Transition au Burkina Faso, l'ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, le 2 mars 2022 à Ouagadougou.
L'ancien Président de la Transition au Burkina Faso, l'ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, le 2 mars 2022 à Ouagadougou.

L’ancien président de la transition au Burkina Faso, l’ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, renversé en septembre 2022, et accusé d’être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch dans son pays natal, a été arrêté au Togo, où il était en exil, et expulsé.

L'ancien Président de la Transition au Burkina Faso, l'ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, le 16 février 2022 à Ouagadougou.
L’ancien Président de la Transition au Burkina Faso, l’ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, le 16 février 2022 à Ouagadougou.

M. Damiba avait pris le pouvoir en janvier 2022, dans un putsch contre le Président élu de l’époque, Roch Marc Chirstian Kaboré, avant d’être à son tour renversé neuf mois plus tard par le capitaine Ibrahim Traoré, toujours au pouvoir sous le MPSR II. Admis en exil au Togo par les soins de Faure Gnassingbé, il est régulièrement accusé par la Transition de son pays d’être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch, la dernière remontant au début du mois de janvier 2026.

Selon un de ses proches, M. Damiba a été arrêté la semaine dernière à Lomé et jugé pour « tentative de déstabilisation » au Burkina avant d’être conduit à l’aéroport. Une source sécuritaire régionale et une source togolaise proche du dossier ont confirmé ces informations. Sa destination était inconnue, mais certaines sources évoquent une probable expulsion vers le Burkina Faso.

Ni les autorités de Ouagadougou ni celles de Lomé n’ont communiqué sur ce sujet ce 19 janvier 2026. Fin 2024, le capitaine Traoré avait dit « espérer » l’extradition de M. Damiba, qui a été radié de l’Armée à cette même époque pour « intelligence avec une puissance étrangère ou avec des groupes terroristes » visant à déstabiliser le Burkina.

Depuis sa prise de pouvoir, la Transition du capitaine Traoré annonce régulièrement avoir déjoué des tentatives de déstabilisation, et accuse régulièrement M. Damiba.  

– Peine de mort –

Le 3 janvier, « était prévue une action de déstabilisation du pays (…) par une série d’assassinats ciblés des autorités civiles et militaires en commençant par la neutralisation du camarade capitaine Ibrahim Traoré », avait affirmé quelques jours après cette date le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, sur la télévision d’Etat (RTB). Quatre jours durant, ces allégations ont été soutenues par une série d' »aveux » de complices présumés, égrenés chaque soir sur la Télévision d’Etat. Ils affirmaient tous avoir agi sur instruction de M. Damiba.

En avril 2025, le Burkina avait arrêté une dizaine d’officiers et de sous-officiers. Et en septembre 2024, Paul-Henri Sandaogo Damiba avait été présenté comme le chef du « volet militaire d’un vaste complot », déjoué. Le Burkina Faso a rétabli récemment la peine de mort, notamment pour les crimes de haute trahison.

Lors de sa prise de pouvoir, le capitaine Traoré avait promis de rétablir la sécurité en quelques mois. Le capitaine Traoré mène une politique souverainiste et anti-impérialiste, particulièrement hostile à l’ancienne puissance coloniale française, dont il a chassé les soldats présents pour lutter contre les jihadistes début 2023. Il s’est tourné vers de nouveaux partenaires à commencer par ses voisins, le Niger et le Mali confrontés aux mêmes violences jihadistes et gouvernés également par des militaires.

L'ancien Président de la Transition au Burkina Faso, l'ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, le 2 mars 2022 à Ouagadougou.
L’ancien Président de la Transition au Burkina Faso, l’ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, le 2 mars 2022 à Ouagadougou.

Ensemble, ils se sont notamment rapprochés de la Russie et ont formé une Confédération, l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Ils ont quitté la CEDEAO (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest) dont fait toujours partie le Togo. Lomé entretient de bonnes relations avec les pays de l’AES et occupe une position stratégique, grâce à son accès à la mer dont les trois pays sahéliens sont privés.

© Afriquinfos & Agence France-Presse