Le Président nigérian Bola Ahmed Tinubu a rendu hommage ce au roi de l’Afrobeat Fela Kuti (1938-1997) à l’occasion d’un Grammy Award décerné à titre posthume pour l’ensemble de sa carrière, devenant ainsi le premier artiste africain à obtenir cette distinction.

« Fela était plus qu’un musicien », a déclaré le Chef de l’Etat du pays le plus peuplé d’Afrique (plus de 220 millions d’habitants) dans un communiqué publié au lendemain de la remise du Prix lors d’une pré-cérémonie des Grammy Awards à Los Angeles. « Il était une voix intrépide du peuple, un philosophe de la liberté et une force révolutionnaire dont la musique a affronté l’injustice et a remodelé le son mondial », a-t-il ajouté. Cette reconnaissance intervient près de 30 ans après la mort de Fela, qui a passé sa vie à s’opposer aux régimes autoritaires au Nigeria et dont l’influence a profondément marqué la musique mondiale.
« Ce Prix est la confirmation de son influence mondiale durable et du rôle fondamental qu’il a joué dans l’évolution et l’impact de l’Afrique sur la musique moderne », a souligné le Président nigérian. Dans les années 1970, Fela, artiste multi-instrumentiste débordant d’énergie, a inventé l’afrobeat, un mélange de jazz, de funk et de rythmes africains. Son œuvre a influencé l’afrobeats actuel (avec un S), genre apparu dans les années 2000 au Nigeria. Et qui a attiré un public mondial et mélange des rythmes africains traditionnels avec des sonorités pop contemporaines.
Également appelé le « Black President » (« Président noir »), l’activiste et musicien légendaire est mort à l’âge de 58 ans. Son héritage perdure notamment à travers ses fils, Femi Kuti et Seun Kuti, et son petit-fils Made, tous musiciens. Ses enfants, dont Femi Kuti, ont reçu le Prix à Los Angeles dans la soirée du 31 janvier.
Davido, l’une des grandes stars nigérianes portées par la vague mondiale de l’Afrobeats, a également été vu aux côtés de la famille Kuti à Los Angeles. Le petit-fils de Fela, Made Kuti, nommé aux Grammys en 2022, a déclaré que son grand-père « était au même niveau que les meilleurs des meilleurs au monde qui aient jamais existé ». « Il n’y a pas beaucoup de personnes que l’on peut identifier comme les créateurs d’un style musical (…) qui s’est véritablement développé en un genre qui vit par lui-même », a-t-il réagi depuis son domicile de Lagos, ce 1er février 2026.
© Afriquinfos & Agence France-Presse



