Entente CEDEAO-AES, un chantier au long cours en Afrique de l’ouest démarre…

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Le capitaine Ibrahim Traore (à gauche), chef du régime militaire du Burkina Faso, assis à côté du général Abdourahamane Tiani (à droite), son homologue du Niger, le 5 juillet 2024 à Niamey.

La Cedeao a tenu dimanche 07 juillet un Sommet de ses chefs d’État à Abuja, où la question des rapports avec l’AES (Alliance des Etats du Sahel) a été au menu des discussions. 

« L’AES constitue le seul regroupement sous-régional efficient dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, la Cedeao ayant brillé par son déficit d’implication dans cette lutte », a critiqué le général Tiani samedi 06 juillet, lors du lancement de cette Alliance. Avant lui, le capitaine Traoré avait estimé que l’Afrique continuait de « souffrir du fait des impérialistes ». « Nous mènerons une guerre sans merci à quiconque osera s’attaquer à nos États », a-t-il ajouté.

Assimi Goïta a lui assuré que les Armées des trois pays « opèrent en totale complémentarité face aux attaques terroristes ». Début mars 2024, Mali, Burkina et Niger avaient annoncé la création d’une force conjointe antijihadiste, dont les contours et les effectifs n’ont pas été précisés. Les pays de l’AES ont fait de la souveraineté une ligne directrice de leur gouvernance.

Ils ont tour à tour chassé les soldats français engagés dans la lutte antijihadiste de leur sol et se sont tournés vers d’autres pays comme la Russie, la Turquie et l’Iran, qu’ils qualifient régulièrement de « partenaires sincères ». Le Niger a également poussé les soldats américains vers la sortie, tandis que le Mali a fait de même avec la mission de l’ONU, la Minusma.

Les trois pays font face depuis des années à des violences jihadistes meurtrières, en particulier dans la zone dite des « trois frontières », où des groupes liés à Al-Qaïda et l’État islamique tuent civils et soldats dans des attaques et entraînent le déplacement de millions de personnes. Outre la coopération militaire, cette Confédération – dont le Mali prend la présidence pour un an – doit permettre de mutualiser les moyens dans des secteurs jugés stratégiques tels que l’agriculture, l’eau, l’énergie ou encore les transports. Ainsi que la création d’une banque d’investissement de l’AES.

La question de la monnaie commune et d’une éventuelle sortie du franc CFA n’a pas été évoquée dans le communiqué final. Samedi 06 juillet, l’organisation Reporters sans Frontières (RSF) a alerté sur le fait que ce Sommet intervient « dans un contexte difficile pour les médias » dans les pays de l’AES, où plusieurs journalistes ont été arrêtés ces derniers mois, au Mali et au Burkina notamment.

© Afriquinfos & Agence France-Presse