En Afrique, être journaliste peut être plus dangereux qu’être un criminel

Enquêter peut couter la vie. En Afrique, plusieurs journalistes ont été assassinés ces dernières années, souvent dans des circonstances troubles, révélatrices de tensions politiques, de conflits armés ou de réseaux criminels. Malgré les engagements internationaux, l’impunité demeure la règle dans la majorité des cas.

AfriquinfosCom
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Le journaliste Norbert Zongo
Le journaliste Norbert Zongo

Ouagadougou (© 2026 Afriquinfos) – Chaque année, des journalistes africains paient le prix ultime pour avoir informé. Selon les données de l’UNESCO, plus de 1 600 journalistes ont été tués dans le monde depuis 1993, et dans près de 9 cas sur 10, les crimes restent impunis. L’Afrique n’est pas épargnée. Voici quelques cas marquants qui illustrent une réalité brutale : informer peut tuer.

Norbert Zongo (Burkina Faso, 1998)

Journaliste d’investigation et directeur de publication du journal L’Indépendant, Norbert Zongo est retrouvé mort le 13 décembre 1998 dans son véhicule incendié aux cotés de trois compagnons.

Il enquêtait sur la mort suspecte de David Ouedraogo, chauffeur du frère de l’ancien président Blaise Compaoré. Son assassinat provoque une onde de choc nationale et internationale et l’affaire devient un symbole de lutte de lutte contre l’impunité en Afrique de l’Ouest.

Ahmed Hussein-Suale (Ghana, 2019)

Journaliste d’investigation travaillant avec Anas Aremeyaw Anas, Ahmed Hussein-Suale est abattu en janvier 2019 à Accra. Il avait participé à une enquête explosive sur la corruption dans le football africain.

Peu avant sa mort, son identité avait été divulguée à la télévision par un homme politique.

Samuel Wazizi (Cameroun, 2019)

Journaliste à la chaîne CMTV, Samuel Wazizi est arrêté en août 2019 dans le cadre du conflit anglophone. Il meurt en détention militaire quelques jours plus tard.

Les autorités évoquent une “septicémie”, mais les circonstances restent floues.

Orkhan Dzhemal, Alexander Rastorguev, Kirill Radchenko (RCA, 2018)

Trois journalistes russes : Orkhan Dzhemal, Alexander Rastorguev et Kirill Radchenko sont assassinés en juillet 2018 en République centrafricaine. Ils enquêtaient sur les activités du groupe paramilitaire Wagner.

La thèse du braquage est contestée par plusieurs observateurs.

Chérubin Okende et autres journalistes (RDC)

La République démocratique du Congo reste l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes. Parmi les cas marquants : Didier Kassaï et Héritier Magayane Ces assassinats s’inscrivent dans un climat d’insécurité chronique et de pressions politiques.

De Ouadougou à Accra, de Bangui à Kinshasa, une réalité s’impose : le journalisme en Afrique reste un métier à risque.

Et tant que ces crimes restent impunis, c’est le droit à l’information lui-même qui est menacé.