Alger (© 2026 Afriquinfos)- L’Assemblée populaire nationale, chambre basse du Parlement algérien, a élu mardi soir Khalida Boufedech à sa présidence, faisant d’elle la première femme à occuper ce poste. Mme Boufedech a récolté, à l’issue du vote, 302 voix, devançant ses deux rivaux: Amine Allouche du Parti de la mouvance islamique (57 voix) et Rachid Hassani du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) (7 voix).
Médecin allergologue et députée d’Alger, Khalida Boufedeche est dorénavant le quatrième personnage de l’État algérien. Issue du Front de libération nationale (FLN), parti historique de l’indépendance et formation proche du Président Abdelmadjid Tebboune, la candidate était soutenue par plusieurs autres formations proches du pouvoir.
Khalida Boufedech, née le 27 mai 1982, est diplômée en médecine générale de l’Université d’Alger depuis 2008. Elle obtient ensuite, en 2019, un diplôme d’études spécialisées en allergologie et immunologie clinique. Toute sa carrière professionnelle s’est déroulée au sein de l’hôpital public, notamment au Centre hospitalo-universitaire (CHU) de Beni Messous, sur les hauteurs de la capitale algérienne. Khalida Boufedech exercera ensuite, à partir de 2023, des responsabilités administratives au sein de la direction de la santé publique de la wilaya d’Alger.
La Présidente de l’Assemblée populaire nationale a un long parcours de militante au sein du FLN. Avant d’être élue députée le 2 juillet dernier, La députée d’Alger a exercé deux mandats locaux au sein de l’Assemblée populaire communale (APC) de Bordj El Bahri dans l’est d’Alger, de 2012 à 2017.
En 2021, elle est élue députée de l’Assemblée populaire de la wilaya d’Alger. C’est la première fois qu’elle obtient un siège au parlement national algérien. À cette époque, elle est pratiquement inconnue du grand public algérien.
Khalida Boufedech a tenu à affirmer qu’elle sera « la représentante de toutes les députés » au moment de sa prise de fonction. En neuf législatures, depuis sa fondation en 1977, l’Assemblée populaire nationale compte désormais donc, pour la première fois, une femme à sa tête.
Un symbole politique fort
L’élection à la présidence de l’Assemblée de Khalida Boufedech est un symbole politique fort. Alors qu’elles représentent 49% de la population, seules 23 femmes ont été élues députées le 2 juillet, lors des dernières élections législatives, sur un total de 407 sièges. Elles étaient 38 en 2021, et surtout 118 en 2017. Cette baisse considérable de 95 sièges féminins est due à une dérogation obtenue par plusieurs partis.
Depuis 2021, l’Autorité nationale indépendante des élections les autorise à contourner le régime en place qui impose aux partis politiques et autres listes à présenter un quota d’au moins un tiers de femmes aux élections législatives. Ainsi, lors des dernières élections, plus de 9500 personnes se sont présentées et seulement 20% d’entre elles étaient des candidates.
Son élection était largement attendue après la victoire du FLN, arrivé en tête des élections législatives du 2 juillet avec 91 des 407 sièges, suivi du Rassemblement national démocratique avec 74 sièges, du Front de l’avenir avec 56 sièges et du Mouvement de la société pour la paix avec 43 sièges.
V.A.



