Les entrepreneurs d’Afrique ont besoin d’infrastructures et tous ceux qui sont prêts à investir, quel que soit le passé colonial, sont les bienvenus, a indiqué l’homme d’affaires et philantrope nigérian Tony Elumelu à l’AFP, en marge du Sommet franco-africain, ‘Africa Forward’ tenu ces 11 et 12 mai à Nairobi (capitale kényane).

« Mon message aux Africains et à tout le monde au XXIe siècle, c’est que nous devons connaître l’Histoire, notre Histoire, mais, plus important, nous devons nous engager vers le futur », explique-t-il. Assailli tel une star par de nombreux admirateurs lorsqu’il déambule dans les allées du Sommet, Tony Elumelu estime que « nous (Africains) devrions, dans une large mesure, laisser le passé où il est. « Le Président Macron n’était pas né il y a 100 ans », et « je crois qu’il est sincère » dans son engagement envers l’Afrique, dit-il.
« Si la France, les hommes d’affaires français du secteur privé et les dirigeants français nous aident à régler ce déficit (en infrastructures) sur le continent, ce sera un grand plus pour l’Afrique ». Cela favorisera le commerce intra-africain, plaide-t-il: « On ne peut pas commercer entre nous sans moyens de transport. On ne peut même pas produire ce qu’on a besoin d’échanger si on n’a pas d’électricité ».
En Afrique, « cette mentalité de victime doit disparaître. Nous devrions accueillir ceux qui veulent nous aider à développer l’Afrique », répète-t-il, alors que le continent est le théâtre de diverses luttes d’influences étrangères. Au-delà de la France, que ce soit la Russie, la Chine, les pays du Moyen-Orient ou les Etats-Unis, « s’ils veulent aider » à améliorer l’électricité et les transports, « accueillons-les », assure-t-il.

« Au XXIe siècle, l’état d’esprit doit changer » en Afrique. Il « doit accueillir la prospérité économique et le développement » qui « aidera à réduire la pauvreté en Afrique, créera des emplois pour les jeunes ». Les jeunes représentent 65% de la population africaine, rappelle l’homme d’affaires. « Ils ont besoin d’emplois (…) Ils ont besoin de prendre le train de l’Internet et de l’IA (…) Il est donc important que nous fournissions ces améliorations, ces infrastructures nécessaires afin que nos jeunes puissent prendre leur envol ».



