Rabat (© 2026 Afriquinfos)- À 48 heures de la célébration de l’Aïd al-Adha, ce mercredi 27 mai 2026, le prix du mouton expose les fragilités économiques et sociales du Maghreb et au Machrek. Rabat, Alger et Tunis doivent rendre le mouton du sacrifice accessible malgré l’inflation, les sécheresses répétées et la pression sur les revenus. Le Maroc parie sur la reconstitution de son cheptel, l’Algérie sur l’importation massive, la Tunisie sur des prix encadrés dans des circuits officiels.
A l’approche de l’Aïd El-Adha 2026, les pouvoirs publics multiplient les mesures pour assurer la disponibilité des moutons et préserver le pouvoir d’achat des ménages. Dans un contexte marqué par la hausse des prix des viandes rouges et la baisse du cheptel national ces dernières années, l’Etat a décidé de recourir à l’importation massive d’ovins afin de stabiliser le marché.
Ce dimanche, cette question a été au centre de la réunion du Conseil des ministres présidée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a insisté sur la nécessité « d’un suivi rigoureux de l’opération » et « d’une lutte ferme contre toute forme de spéculation ».
Lors de cette réunion, le président de la République a décidé de plafonner le prix du mouton importé à 50 000 dinars, selon un communiqué du Conseil des ministres. Cette mesure vise à protéger le pouvoir d’achat des citoyens et à permettre au plus grand nombre de familles d’accomplir le rite du sacrifice dans des conditions accessibles.
Abdelmadjid Tebboune a également chargé les services gouvernementaux « d’assurer un suivi strict de l’opération d’importation et de la commercialisation des moutons destinés à l’Aïd El-Adha », tout en veillant « à lutter contre toutes les formes de spéculation, de fraude et de contrebande » susceptibles de perturber le marché.
En Tunisie, les prix des moutons destinés au sacrifice oscillent actuellement entre 1 300 et 1 700 dinars sur les marchés, selon le président du syndicat régional des agriculteurs de Bizerte et membre de la chambre nationale des éleveurs de bétail, Imed Wadhour.Élevage de bétail
Intervenant ce vendredi sur une radio privée, le responsable a estimé que ces niveaux de prix restent globalement “acceptables” au regard des coûts de production. Il a expliqué que le prix du kilogramme vif avoisine les 22 dinars, ce qui signifie qu’un mouton d’environ 45 kilogrammes peut atteindre entre 1 200 et 1 300 dinars, avant d’intégrer les marges liées à la commercialisation.
Le marché du sacrifice au Maroc semble s’orienter vers une phase plus équilibrée. Une évolution suivie de près par les ménages, toujours attentifs aux prix dans un contexte de pouvoir d’achat contraint, après plusieurs campagnes marquées par de fortes tensions. Les professionnels, de leur côté, se veulent rassurants et jugent que les conditions actuelles devraient permettre de couvrir la demande.
‘’Celui qui dispose de 2.000 dirhams peut acheter son sacrifice cette année’’, a affirmé Abderrahmane Mejdoubi, président de l’Association nationale ovine et caprine (ANOC), pose d’emblée le cadre. ‘’L’offre devrait être suffisante pour couvrir les besoins du marché cette année’’, indique-t-il.
Avec l’arrivée imminente de plus de 40.000 têtes de bétail en provenance du Brésil et de l’Uruguay, le marché marocain de la viande rouge devrait connaître une accalmie passagère. Mais derrière ce sursis se profile déjà une nouvelle tension sur les prix, dans un contexte marqué par la dépendance croissante aux importations et la persistance de fragilités structurelles.
La Mauritanie, la Libye et l’Egypte
En Mauritanie le comité interministériel a recommandé un prix de détail de Rs 186 par kilogramme pour le bétail vivant importé en vue de la fête Eid-Ul-Adha 2026, afin de protéger le consommateur. Ce prix est nettement inférieur aux Rs 220 le kilo initialement demandé par l’importateur principal.
Shakeel Mohamed, ministre du Logement et des Terres et président du comité interministériel, a annoncé cette décision.
Les importateurs avaient proposé Rs 220 par kilo ; toutefois, le gouvernement a instauré un prix plafond afin d’éviter des hausses de prix excessives. Cette mesure privilégie la protection du consommateur tout en maîtrisant la volatilité du marché. Selon le ministre Mohamed, le comité a examiné avec rigueur toutes les dépenses déclarées relatives à l’importation et à la commercialisation du bétail. Cet exercice de vérification approfondi a permis d’établir la structure tarifaire recommandée.
A l’approche de l’Aïd Al-Adha, fête de sacrifice du mouton chez les musulmans pour perpétuer la tradition du Père Abraham, les marchés aux bestiaux en Libye connaissent par rapport à l’année dernière, une hausse significative des prix de la bête recommandée en premier lieu, dans un contexte de ralentissement économique général dans le pays.
Les prix du bétail en Égypte qui s’envolent poussent les familles vers des sacrifices partagés et des alternatives subventionnées. Les prix ont fortement augmenté, serrant à la gorge à la fois les consommateurs et les bouchers alors que des coûts d’alimentation plus élevés et des pressions sur l’approvisionnement redessinent le marché de l’Aïd al-Adha. De nombreuses familles réduisent désormais leurs achats de plusieurs têtes de bétail à un seul animal — ou rejoignent des arrangements de ‘’parts de viande’’ mutualisés pour gérer les coûts croissants.
Les bouchers signalent une nette baisse de la demande cette année, l’inflation étant estimée à environ 15 % et les coûts d’intrants en hausse, alimentés par des perturbations régionales, rendant la viande hors de portée de nombreux foyers.
L’Aïd al-Adha est l’une des fêtes les plus importantes de l’Islam. Il honore la foi et l’obéissance du prophète Ibrahim, qui était prêt à sacrifier son fils pour Dieu.
V.A.



