Le Caire (© 2026 Afriquinfos)- Le président égyptien justifie l’augmentation des prix des carburants comme la solution ‘’la moins coûteuse’’ pour les citoyens, dans un contexte de pressions budgétaires et de chocs géopolitiques affectant l’économie nationale.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a défendu samedi 14 mars la récente hausse des prix des carburants, affirmant qu’il s’agissait de ‘’l’option la moins coûteuse pour les citoyens’’, lors du banquet annuel de l’iftar de la « famille égyptienne », en présence du Premier ministre Mostafa Madbouly et de hauts responsables politiques et religieux. Selon la présidence égyptienne, cette décision s’inscrit dans un ensemble de mesures économiques destinées à préserver l’équilibre financier de l’État dans un contexte régional marqué par de fortes turbulences.
‘’L’État ne prend aucune décision sans étude approfondie’’, a déclaré le chef de l’État, soulignant que l’augmentation des prix des produits pétroliers, appliquée le 10 mars, constituait une mesure « inévitable’’. Le président a toutefois reconnu l’existence d’un mécontentement parmi la population face à cette décision, estimant que les autorités avaient dû choisir « une option difficile pour éviter des conséquences économiques encore plus graves ».
Dans son intervention, Al-Sissi a également insisté sur le contexte régional qu’il a qualifié ‘’d’extrêmement sensible’’, évoquant les conflits en cours au Moyen-Orient, notamment la guerre à Gaza et les tensions impliquant l’Iran. Selon lui, ces crises ont provoqué des perturbations dans le commerce mondial, entraînant une hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, ainsi que des ruptures dans les chaînes d’approvisionnement, avec des répercussions directes sur l’économie égyptienne.
Sur le plan économique, le président a rappelé que l’Égypte consomme chaque année des produits pétroliers d’une valeur d’environ 20 milliards de dollars, dont une large part est utilisée pour alimenter les centrales électriques et les infrastructures énergétiques du pays. Il a averti que si les citoyens devaient payer le coût réel de l’électricité, leurs factures pourraient être multipliées par quatre.
Al-Sissi a également indiqué que l’économie égyptienne avait perdu environ 10 milliards de dollars de revenus liés au canal de Suez ces dernières années, en raison des perturbations du commerce maritime international provoquées par les crises régionales. Cette perte, équivalente à près de 500 milliards de livres égyptiennes, a contribué à réduire les marges budgétaires de l’État.
Dans ce contexte, le président a souligné que le gouvernement poursuivait les réformes économiques engagées depuis 2016 afin de limiter le recours à l’endettement extérieur et d’assurer la disponibilité des produits stratégiques. ‘’Continuer à emprunter en devises pour couvrir ces besoins nous entraînerait dans une spirale d’endettement’’, a-t-il déclaré.
‘Egypte connaît depuis quelques jours 30% de hausse des prix des carburants à cause des pressions « exceptionnelles » sur les marchés mondiaux de l’énergie causées par la guerre au Moyen-Orient.
Les augmentations de prix sont entrées en vigueur le 3 mars, à 03H00 heure locale (01H00 GMT).
Le gaz naturel destiné aux véhicules a connu la plus forte hausse, avec une augmentation de 30 % à 13 livres égyptiennes le mètre cube.
Le diesel, l’un des carburants les plus utilisés en Égypte, a augmenté de trois livres égyptiennes, soit environ 17%, pour atteindre 20,50 livres (0,38 dollar) le litre, contre 17,50 livres auparavant.
Le prix de l’essence sans plomb 80 a augmenté d’environ 17%, pour atteindre 20,75 livres égyptiennes le litre. L’essence sans plomb 92 a progressé d’environ 15,6% à 22,25 livres le litre.
L’essence sans plomb 95 a grimpé d’environ 14% pour atteindre 24 livres le litre, a indiqué le ministère.
Le prix du butane a lui augmenté de 22%, à 275 livres la bouteille de 15,5 kilogrammes.
L’Égypte a déjà relevé les prix des carburants à quatre reprises au cours des deux dernières années dans le cadre d’un programme de réformes en échange d’un programme d’aide de 8 milliards de dollars sur près de quatre ans de la part du FMI.
Le cours du baril de pétrole Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, a dépassé 119 dollars, avant de chuter après que le président américain Donald Trump a déclaré que la guerre était « quasiment » finie.
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