Ouagadougou (© 2025 Afriquinfos)- Ils étaient des milliers de personnes à avoir pris d’assaut les rues de Ouagadougou ce 30 juillet 2025, pour réclamer ‘’vérité et justice’’ sur la mort en détention à Abidjan de l’influenceur burkinabè Alain Christophe Traoré, alias Alino Faso.
Majoritairement vêtus en blanc et en colère, les milliers de manifestants ont rendu hommage à Alino, ce soutien du pouvoir au Burkina qui était détenu à Abidjan, pour ‘’intelligence avec des agents d’un État étranger’’, à l’appel de la Coordination nationale des associations de veille citoyenne (CNAVC).
Rassemblés devant le mémorial Thomas Sankara, ils brandissaient des banderoles et des pancartes où l’on pouvait notamment lire ‘’Le peuple burkinabè réclame justice pour Alino Faso’’ ou ‘’Assassin connu, justice attendue. Ce crime ne restera pas impuni’’. Les manifestants ont également scandé des propos hostiles au Président ivoirien Alassane Ouattara, affiches à l’effigie de Alino Faso en main, et des drapeaux du Burkina Faso en l’air. Le cortège a marché jusqu’à l’Ambassade de Côte d’Ivoire à Ouagadougou, où un léger dispositif sécuritaire était visible.
Interpellé le 10 janvier à Abidjan, Alino Faso, 44 ans, était détenu à l’École de la Gendarmerie, où il a été retrouvé mort le 24 juillet, ‘’pendu à l’aide de son drap de lit, après avoir tenté sans succès de s’ouvrir les veines du poignet’’, a affirmé ce 27 juillet le procureur de la République de Côte d’Ivoire, Oumar Braman Koné.
‘’Aussi meurtris que sont les cœurs en de pareilles situations, le peuple burkinabè traverse en ce moment même des situations de vives désolations. Ce ne sont plus seulement des traîtres à la nation burkinabè qui trouvent refuge en terre ivoirienne, mais voilà maintenant que ceux qui défendent les causes justes, ceux qui soutiennent la révolution du peuple burkinabè, sont purement et simplement éliminés sur votre sol’’, a déploré la CNAVC.
‘’La mort d’Alino n’est pas un drame individuel. C’est un drame qui touche la nation entière et qui appelle à la vérité, à la justice et au respect des droits humains’’, a-t-elle entre autre souligné.
‘’Est-ce cela, la nouvelle Côte d’Ivoire que le régime d’Abidjan veut incarner ? Une terre d’impunité, de terreur politique et de persécution ?’’ ‘’Il n’y a pas si longtemps, les autorités burkinabè ont libéré des soldats ivoiriens qui avaient traversé notre territoire étant même armés sans un quelconque acte de barbarie. Le Mali, dans le même esprit de solidarité sous-régionale, a libéré 49 soldats ivoiriens qui foulaient l’aéroport international de Bamako à l’insu même des autorités maliennes pour des missions jusqu’à aujourd’hui inconnues. En retour, que reçoit-on ? Des assassinats politiques et des provocations diplomatiques’’, se désole la CNAVC.
Réclamant le rapatriement du corps d’Alain Christophe Traoré pour des obsèques nationales, le gouvernement burkinabè a condamné ‘’cette disparition assimilable à un assassinat crapuleux’’, selon lui, et exigé que ‘’toute la lumière soit faite’’ sur la mort d’Alino Faso.
Le porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly, a regretté une “exploitation politique” du drame. Mais les relations entre les deux pays sont déjà dégradées depuis le coup d’État de septembre 2022 à Ouagadougou. La Côte d’Ivoire a adressé ses condoléances, sans se prononcer sur la demande de rapatriement du corps pour des obsèques nationales.
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