Djibouti : L’agonie de la forêt du Day

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Une éruption volcanique en 1862, à 300 km au nord du Day, aurait été à l'origine de la plus forte régression de la forêt, classée parmi les aires écologiques protégées par l'Etat et qui renferme à elle seule 60% de la biodiversité de Djibouti.

Sa dégradation se serait poursuivie largement sous l'effet de l' action de l'homme avec une accélération entre 1949 et 1984, du fait notamment de coupes illicites de bois et de l'usage du feu par les pasteurs et les collecteurs de miel (usages qui n'ont plus cours aujourd'hui).

En outre, le surpâturage lié à la sur-fréquentation des zones forestières par les animaux dont les sabots érodent le sol et anéantissent les régénérations de la forêt.

A en croire les experts du ministère djiboutien de l' Environnement, le nombre d'animaux pâturant en forêt, y compris celui des bovins, est très supérieur à la capacité de charge de la forêt, aujourd'hui plus qu'hier du seul fait de la dégradation floristique, et corrélativement d'une baisse quantitative et qualitative de la ressource fourragère et donc de sa valeur nutritive.

"L'effondrement du système traditionnel d'exploitation pastorale, est confirmé et ne permet plus une régénération de l'espace pâturé en forêt", précisent-ils.

Quant à la flore de la forêt du Day, environ 360 espèces de plantes ont été inventoriées dont 181 présentent un intérêt pastoral certain et 62 sont utilisables en foresterie. Cette diversité reste malheureusement à l'heure actuelle fortement menacée de disparition. Parmi les plantes les plus remarquables, citons les palmiers de Bankoualé (Livistona carinensis, endémique régional), genévrier (Juniperus procéra), olivier africain (Oléa africana), Mimusops degan, Terminalia brownii, Dracaena ombet …

Concernant, la faune de l'unique forêt de ce petit pays au climat semi-désertique, les vertébrés sont représentés par environ 23 mammifères, 97 oiseaux et 8 espèces de serpents.

Cette liste n'est pas exhaustive et des inventaires plus complets devront être entrepris. Les insectes restent encore mal connus en dehors des lépidoptères diurnes sont évalués à environ une vingtaine d'espèces.

"Au vu de l'état de dégradation de cette forêt et prenant en compte le facteur de péjoration climatique, considéré comme durable, la réhabilitation de la forêt ne peut viser une reconstitution totale ni même dominante de ses anciens faciès à genévrier ; mais il est possible par des aménagements appropriés, et sur la base d'une connaissance fine des conditions de site de la forêt, de préserver et étendre localement la junipéraie et de réhabiliter autour de ces plages les faciès de transition qui résultent de sa dégradation, avec des enrichissements appropriés afin de reconstituer une ambiance forestière propice à la régénération de l'écosystème forestier", suggère un récent rapport du ministère djiboutien de l'Environnement.

La fôret du Day englobe une biodiversité à part entière. C'est pourquoi le nouveau ministre de l'Environnement compte mettre tous les moyens pour préserver l'espace naturel qui, selon lui, " va de paire avec le développement durable de l'ensemble du territoire".

En effet ces dernières années, Djibouti s'est engagée à faire de la préservation de l'environnement une priorité nationale soutenue par des engagements à l'échelle nationale et internationale.

"Les principes de développement durable sont aujourd'hui intégrés dans toutes les politique et les programmes nationaux, des stratégies ont été élaborées dans tous les secteurs importants de l'environnement, le cadre réglementaire s'est amélioré", a rappelé le ministre djiboutien de l'Environnement, M. Ibrahim Balala.

La mise en place récente de texte de lois, d'outils institutionnels et la ratification de plusieurs conventions internationales ont été approuvées par les Nations Unies par la voix de la coordinatrice du système des Nations Unies à Djibouti, Mme Hodan A. Hadji Mahmud.