Des médias d’Afrique commentent les contestations estudiantines virulentes et atypiques en cours en France…

Afriquinfos Editeur
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Des élèves et etudiats français manifestant (DR-AFP)

Paris (© 2026 Afriquinfos)- Entamées depuis le 21 septembre 2026, les manifestations lycéennes se multiplient en France. Elles se sont transformées en mobilisation collective et rassemblent désormais dans les cortèges étudiants, enseignants et parents d’élèves. Une situation inhabituelle qui intéresse les médias africains.

Devant leur lycée parisien bloqué par des poubelles, Maxime, Madeleine et Élodie, 17 ans, racontent à la BBC les murs troués, les effectifs qui gonflent et le manque d’enseignants. Tout en sachant que les établissements des banlieues défavorisées connaissent des difficultés plus grandes encore.

Dans les reportages et commentaires consacrés à la mobilisation, un mot revient en filigrane: l’égalité, revendiquée par la République, mais contestée par les jeunes rencontrés.

« La France aime parler d’égalité, mais la réalité, c’est que les pauvres sont désavantagés, tandis que les riches en profitent« , disent-elles au média britannique. Trop jeunes pour voter à la prochaine présidentielle, elles présentent les manifestations comme le seul moyen de se faire entendre.

Le média algérien Twala y voit même un signe d’espoir. Pour Lyas Hasllas, manifester témoigne d’une confiance persistante dans la possibilité de changer son pays. « Ils ont 15, 16 ou 17 ans, et considèrent comme allant de soi qu’ils peuvent contester ce qui ne va pas » remarque le journaliste algérien en faisant le lien avec l’Algérie : « Elle conteste parce qu’elle pense que son pays lui appartient assez pour exiger qu’il fonctionne autrement. Le contraste avec l’Algérie est cruel. Le pays aime rappeler qu’il est jeune, mais sa jeunesse est devenu politiquement invisible. »

Deux semaines après le début de la contestation lancée par les lycéens, qui réclament davantage de moyens pour l’éducation, des heurts ont éclaté entre les manifestants et les forces de sécurité.

Le dernier cas en date est celui d’un adolescent de 15 ans qui a perdu une main lors d’un incident impliquant une grenade assourdissante de la police.

‘‘Il faut arrêter de tout stigmatiser et d’essayer de freiner les lycéens sous prétexte qu’“ils sont des enfants et ne savent pas ce qu’ils font”, alors qu’ils savent très bien ce qu’ils font. Ils sont au cœur de la situation, donc eux seuls peuvent vraiment comprendre ce qu’ils vivent. À un moment donné, il faut les écouter », a déclaré Léa Monimart, professionnelle de la petite enfance, selon Africanews.

 »Je trouve ça pathétique, et ce que je trouve encore plus pathétique, c’est la réaction de certains adultes qui disent que c’est de leur faute, qu’ils n’auraient pas dû être là. Je trouve ça, eh bien… Ensuite, on se plaint que les jeunes soient violents, qu’ils ne sachent pas réagir autrement que par la violence. Et en même temps, les adultes ne sont ni solidaires ni bienveillants, alors que leur montrons-nous ? Donc, à un moment donné… Qu’il faille assurer la sécurité, d’accord, je comprends, mais ce sont des enfants, et justement parce que ce sont des enfants, c’est plus facile de les frapper. », a ajouté Léa Monimart.

6 100 mineurs interpellés

La liste des revendications est longue, mais le fil rouge est clair : plus de moyens dans l’éducation publique. C’est ce que réclame le mouvement étudiant depuis le tout premier blocus de septembre. Puisque le droit à l’éducation constitue un droit humain fondamental, les jeunes en appellent à l’action de l’État.

Plus de deux semaines de grèves des cours et de blocages d’établissements scolaires, ainsi que des interventions policières ayant conduit à plus de 6 100 interpellations, principalement de mineurs, sont devenues un sujet brûlant en ce début de campagne présidentielle, rapporte le media Africanews.

Depuis le premier blocus le 21 septembre dernier au Lycée Saint-Exupéry à Créteil (Val-de-Marne), le mouvement a gagné l’intégralité du territoire français. Manque d’enseignants, classes surchargées, emplois du temps trop lourds, insalubrité des bâtiments ou encore conditions de travail inadéquates : les lycéens réclament plus de moyens pour l’éducation publique. Le 29 septembre – une semaine après le premier blocus – plus de 410 actions étaient recensées dans les lycées. Mardi, ce sont 450 000 personnes qui ont défilé partout en France, dont 56 000 à Paris, selon le ministère de l’Intérieur.

Les manifestations se sont amplifiées ce 17 octobre avec les manifestations sociales contre le gouvernement. Majoritairement pacifiques et organisées, elles ont pris cette-fois-ci une tout autre allure et dégénéré en émeutes : des bâtiments gouvernementaux ont été incendiés, des magasins pillés. Pire encore, un policier et un manifestant ont été tués.

V.A.