Démarche disruptive: Les Etats de l’AES vont quitter la CPI pour ces mobiles

Afriquinfos Editeur
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Les pays de l'AES s'apprêtent à quitter la CPI (Dr-Jscl)

Niamey (© 2025 Afriquinfos)- Les trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) s’apprêtent à officialiser leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI), cette juridiction chargée de juger les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocides. En parallèle, ils préparent la création d’une juridiction régionale sahélienne.

Réunis ce mardi 16 septembre à Niamey lors d’un sommet extraordinaire, les ministres de la Justice du Mali, du Burkina Faso et du ont discuté des modalités d’un retrait coordonné de la Cour pénale internationale, qu’ils souhaitent remplacer par une Cour pénale sahélienne. Ces pays franchissent un nouveau cap dans leur défiance envers les institutions internationales.

Selon Mohamed Toumba, Premier ministre nigérien par intérim, les pratiques de la CPI sont « exclusivement orientées vers les pays africains ». Le point central est la mise en place d’une juridiction régionale autonome pour traiter les crimes internationaux et la criminalité organisée. Cette initiative marque une étape supplémentaire dans l’affirmation de leur autonomie judiciaire et politique.

Les trois pays souhaitent en revanche instaurer une Cour pénale sahélienne des droits de l’homme (CPS-DH), capable de juger non seulement les crimes internationaux mais aussi le terrorisme et la criminalité organisée frappant la région.

Le projet prévoit également la construction d’une prison de haute sécurité pour les condamnés des trois États. Toujours selon Jeune Afrique, « les textes sont prêts », annonçant une communication officielle imminente. Cette démarche pourrait marquer un tournant dans la gouvernance judiciaire et sécuritaire du Sahel.

L’AES avait déjà rompu avec la CEDEAO le 29 janvier 2025, après une période de transition débutée en juillet 2024. Cette décision répondait à plusieurs motifs : inefficacité de l’organisation face à l’insécurité, sanctions jugées inappropriées après des coups d’État, et influence excessive des puissances occidentales. La formation de l’AES en septembre 2023 visait à renforcer la coopération militaire et économique entre les trois pays tout en consolidant leur indépendance vis-à-vis des structures régionales. Ces pays travaillent également à l’instauration d’une confédération et d’une monnaie commune, témoignant de leur volonté d’autonomie renforcée.

L’initiative de quitter la CPI traduit cette continuité et affirme la capacité de l’AES à gérer ses affaires internes et régionales de manière souveraine. La formalisation du retrait de la CPI pourrait intervenir dans les prochains jours, confirmant la stratégie de l’AES pour contrôler ses mécanismes judiciaires et sécuritaires.

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