Délimitation des frontières maritimes entre le Ghana et le Togo, cela coince désormais

Afriquinfos Editeur
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Accra  (© 2022 Afriquinfos)- Le différend frontalier qui oppose le Togo et son voisin le Ghana depuis une huitaine d’années, prend une autre tournure. Dans un communiqué diffusé le 20 février 2026, la présidence du Ghana a annoncé mettre fin aux négociations avec Lomé et d’avoir recours à un arbitrage international, « conformément à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer ».

Accra a officiellement notifié aux autorités togolaises sa décision d’engager une procédure d’arbitrage dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS), afin de parvenir à une délimitation définitive de la frontière maritime entre les deux pays.

Les autorités ghanéennes entendent ainsi « éviter une escalade dans les incidents responsables des tensions créées entre certaines institutions » des deux pays.

Accra indique avoir opté pour cette voie juridique afin de prévenir toute nouvelle escalade des incidents ayant créé des tensions entre certaines institutions des deux États, tout en privilégiant une solution pacifique et conforme au droit international, dans un esprit de bon voisinage et de coopération continue.

Le désaccord entre les deux parties porte notamment sur la reconnaissance d’une ligne maritime et les pratiques en mer, le Ghana affirmant l’existence d’une frontière traditionnellement respectée que le Togo conteste, estimant qu’aucune délimitation n’a jamais été établie officiellement, contribuant à des tensions opérationnelles en mer.

La décision ghanéenne s’appuie sur le fait qu’aucun accord sur ce conflit vieux d’un demi-siècle n’a pu être trouvé à l’issue des huit années de pourparlers engagés par les deux voisins. Les discussions avaient commencé en 2018 avec la création d’un premier comité. Sa mise sur pied avait découlé de la contestation de la légitimité de la frontière alors en vigueur – un héritage de la période coloniale – par le Togo.

S’en étaient suivies de nombreuses réunions qui se sont toutes soldées par un échec, Lomé refusant notamment en 2021 la proposition du Ghana, qui exploitait déjà une partie de la zone contestée, de mettre en place une frontière provisoire. Si une rencontre entre les chefs d’État togolais et ghanéen s’était déroulée l’année suivante, aucune avancée majeure ne semble avoir eu lieu depuis.

Avant le Togo, une dispute similaire avait opposé le Ghana à la Côte d’Ivoire jusqu’en 2017. Le Tribunal international du droit de la mer avait alors fini par trancher le litige en donnant gain de cause à Accra.

La zone offshore ghanéenne, qui s’étend sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés, comprend non seulement des blocs pétroliers, mais aussi d’importantes zones de pêche.

Le secteur maritime fournit l’essentiel du poisson consommé dans le pays et fait vivre des centaines de milliers de personnes sur le littoral, tandis qu’environ 90 % du commerce ghanéen transite notamment via les ports de Tema et de Takoradi.

Des frontières clairement établies sont également cruciales pour les investisseurs du secteur énergétique, réticents à forer dans des eaux contestées.

Pour l’heure, aucune réaction officielle des autorités togolaises ne s’est faite.

V.A.