Paris (© 2026 Afriquinfos)- Les investissements directs français au Maroc ont connu un net redressement en 2025, après un flux négatif enregistré l’année précédente. Avec 10 milliards de dirhams, la France a porté à elle seule 90% de la hausse des IDE entrants au Maroc, selon le Trésor français.
Les capitaux français ont fortement repris le chemin du Royaume en 2025. Les investissements directs en provenance de France sont passés d’un flux négatif de 2,2 milliards de dirhams en 2024 à 10 milliards de dirhams en 2025, selon le profil du commerce extérieur du Maroc publié par le service économique du Trésor français.
L’évolution est particulièrement marquée au regard de la dynamique globale des investissements étrangers. Les IDE entrants au Maroc ont presque doublé sur la période, passant de 17 à 31 milliards de dirhams. La France a représenté à elle seule 90% de l’augmentation de ces flux, faisant de l’Hexagone le principal contributeur à leur progression en 2025.
Ce redressement intervient dans un contexte de nette amélioration du compte financier du Royaume. Hors avoirs de réserve, son solde est passé de 5 milliards de dirhams en 2024 à 90 milliards en 2025, soit l’équivalent de 4,5% du PIB. Les investissements directs étrangers ont contribué à cette amélioration à hauteur de 0,8 point de PIB.
Les activités financières en première ligne
Le rebond des IDE entrants s’est notamment appuyé sur les activités financières et les assurances, qui ont enregistré une progression de 7 milliards de dirhams. Le Trésor français ne détaille toutefois pas, dans son analyse, la ventilation sectorielle des seuls investissements français.
La performance française se distingue ainsi par son ampleur dans un mouvement plus large de redressement des investissements étrangers au Maroc. Tous les principaux partenaires ont accru leurs IDE en 2025, mais la France concentre l’essentiel de la hausse observée sur un an.
Cette évolution concerne également les flux de capitaux marocains vers l’étranger. Les investissements directs sortants ont progressé, notamment sous l’effet de l’extension des réseaux des secteurs bancaire et assurantiel. La Côte d’Ivoire a particulièrement bénéficié de cette dynamique : les flux d’IDE marocains vers ce pays sont passés de 0,6 milliard à 3,2 milliards de dirhams en 2025.
Une année favorable aux flux de capitaux
Le redressement des IDE français s’inscrit dans une année marquée plus largement par une forte progression des entrées de capitaux au Maroc. Les investissements de portefeuille ont eux aussi contribué à l’amélioration du compte financier, avec un impact de 1,5 point de PIB.
Cette évolution a notamment été portée par les titres de créances, dont le solde est passé de -3,6 milliards de dirhams à 33 milliards en 2025. Le Trésor français relie cette progression notamment à l’émission obligataire réalisée par le Royaume en mars 2025, qui avait permis de lever 2 milliards d’euros.
Le redressement des IDE français intervient parallèlement à une année où le déficit de la balance courante s’est accentué. Celui-ci est passé de 1,2% à 2,5% du PIB, principalement sous l’effet du déficit des marchandises. Cette évolution relève toutefois d’une autre composante des comptes extérieurs et ne remet pas en cause la dynamique observée sur les flux d’investissement.
Du côté des services, le Maroc a continué de bénéficier d’un excédent substantiel, établi à 157,7 milliards de dirhams en 2025. Le tourisme a notamment contribué à cette performance, avec un record de 19,8 millions d’arrivées internationales.
Afriquinfos



