Rabat (© 2026 Afriquinfos)- Le Roi Mohammed VI, Amir Al-Mouminine, accompagné du Prince Héritier Moulay El Hassan, du Prince Moulay Rachid et du Prince Moulay Ahmed, a présidé, lundi 11 Rabie-Ier 1448 de l’Hégire, correspondant au 24 août 2026, au Palais Royal à Rabat, une veillée religieuse en commémoration de l’Aïd Al-Mawlid Annabaoui Acharif.
Cette veillée religieuse a été marquée par la déclamation de versets du Saint Coran et de panégyriques du Prophète Sidna Mohammed, Prière et Bénédiction sur Lui. A cette occasion, le Ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, a prononcé devant Sa Majesté le Roi une allocution dans laquelle il a présenté le bilan des activités du Conseil supérieur et des Conseils locaux des Oulémas.
Dans son allocution, le Ministre a indiqué que le Roi, Amir Al Mouminine, avait, à l’occasion de la célébration de l’Aid Al Mawlid Annabaoui de l’année dernière, bien voulu charger le Conseil Supérieur des Oulémas d’entreprendre de multiples actions pour commémorer l’anniversaire du quinzième siècle de la naissance du Prophète, que la prière et la paix soient sur Lui.
Toufiq a souligné, dans ce cadre, que tout au long de l’année, il a été procédé, conformément aux Hautes Orientations du Roi, à la tenue de grandes assemblées où ont été élevées des prières en hommage au Prophète et prêchées les hautes moralités du Sceau des Messagers. Le Ministre a affirmé que l’indéfectible attachement manifesté par la Nation marocaine au Prophète s’illustre à travers deux expressions au fondement religieux, l’une d’ordre politique et l’autre à portée émotionnelle.
L’expression d’ordre politique, a-t-il expliqué, réside dans la perpétuation de l’héritage de la Commanderie des Croyants, dont sont dépositaires les descendants du Prophète, alors que celle à portée émotionnelle se traduit par la mise en avant par les Marocains des nobles vertus du Messager de Dieu, à travers les livres des deux savants marocains originaires de la ville de Sebta, à savoir Cadi Ayad («Traité sur les vertus curatives de la connaissance des droits du Prophète ») et Abou Abbès Al Ozfi («Anthologie de poèmes composés en célébration de la naissance de l’Illustre prophète»), outre l’ouvrage de l’Imam Jazouli «Les guides vers les voies du Bien», dont les Marocains ont su brandir les prières qu’il contenait dans leur lutte sacrée pour libérer les villes occupées situées le long de l’océan atlantique au début de l’ère contemporaine.
Et le ministre de poursuivre que la Nation marocaine, qui a cherché naturellement refuge dans la guidance du Prophète par l’obéissance comme témoignage de l’amour voué au Sceau des Messagers, atteste aujourd’hui que ses oulémas et savants, profondément conscients de la quintessence des paroles du Prophète Sidna Mohammed, paix et bénédictions soient sur Lui, œuvrent, dans le cadre du plan de communication «Tassdid Tabligh» à convaincre les gens, avec la plus grande clarté et simplicité, que le monothéisme sur lequel reposent le Saint Coran et la mission du Prophète, s’illustre par la libération morale de l’égoïsme aussi bien individuel que collectif, une libération qui favorise une réforme concrète de la religiosité.
Le Ministre des Habous et des Affaires islamiques a, ensuite, remis au Souverain l’ouvrage en arabe « Dakhirat Al Muhtaj Fi Assalati Ala Sahibi Alliwae Wa Taj », édité par le ministère des Habous et des Affaires islamiques, en se référant à des dizaines de manuscrits conservés dans des bibliothèques royales, publiques et privées, au Maroc et à l’étranger.
Cette publication fait suite aux Hautes Orientations du Roi, que Dieu Le préserve, qui avait appelé, l’année dernière, dans une Lettre adressée au Conseil supérieur des Oulémas, à la commémoration du 15e siècle de la naissance du Prophète Sidna Mohammed, que la Prière et la Paix soient sur Lui, notamment à travers la publication de livres et ouvrages du patrimoine marocain, relatifs aux prières sur le Prophète et aux œuvres des oulémas et savants marocains en la matière.
Cette veillée religieuse s’est déroulée en présence du Chef du Gouvernement, des Présidents des deux Chambres du Parlement, de Conseillers du Roi, des membres du gouvernement, des présidents des Instances Constitutionnelles, des Officiers supérieurs de l’Etat-Major général des Forces Armées Royales, des membres du corps diplomatique islamique accrédités à Rabat, ainsi que de plusieurs oulémas et des personnalités civiles et militaires.
La célébration de cette veillée religieuse par le Roi Mohammed VI, Amir Al-Mouminine, s’inscrit dans la tradition observée par Ses Illustres Ancêtres qui ont constamment veillé à commémorer l’anniversaire de la venue au Monde du Messager de la Miséricorde, le Prophète Sidna Mohammed, que la Prière et la Paix soient sur Lui.
Que commémore le Mawlid ?
Un anniversaire qui marque l’éclosion des lumières de la guidance pour l’Humanité, grâce au message porté par le Sceau des Prophètes, pour répandre les hautes vertus et les valeurs de justice et recommander les bonnes actions pour que l’ensemble des humains vivent dans la paix et l’entente.
Le Prophète Muhammad est né à La Mecque, l’année dite « de l’Éléphant » — un repère chronologique bien connu dans la sira, autour de 570 de l’ère chrétienne. Il naît orphelin de père : Abdullah, son père, meurt avant sa naissance. Sa mère, Amina, le quittera elle aussi alors qu’il n’a que six ans.
C’est de cette naissance, et de tout ce qu’elle a porté pour l’humanité — la dernière révélation, la miséricorde envoyée aux mondes — que le mot « Mawlid » (المولد, « la naissance ») tire son sens. Rabi al-Awwal signifie littéralement « le premier printemps » — un nom qui, historiquement, correspondait à la saison où ce mois tombait il y a des siècles, avant que le calendrier lunaire ne le fasse tourner à travers toutes les saisons.
En France et au Maghreb, on l’appelle souvent le Mouloud — c’est simplement une autre façon de dire la même chose, « naissance » en arabe dialectal maghrébin. Mawlid et Mouloud désignent exactement le même événement.
Il existe un hadith authentique qui relie directement le jour de la naissance du Prophète ﷺ à une pratique qu’il a lui-même observée. Interrogé sur le jeûne du lundi, il répondit que c’était le jour de sa naissance et celui où la révélation lui fut envoyée.
‘’Ma naissance a eu lieu ce jour, et c’est aussi le jour où j’ai reçu la révélation’’. C’est ce hadith qui sert de base à une pratique largement répandue et non-controversée : jeûner le lundi en reconnaissance de ce jour, tout au long de l’année — pas seulement le 12 Rabi al-Awwal. C’est aussi l’occasion de se rappeler l’histoire de l’Isra et du Mi’raj, autre événement majeur de la sira du Prophète à l’origine des 5 prières quotidiennes.
Rabi al-Awwal, mois calme après l’été
Faut-il fêter le Mawlid ? Un débat vieux de plusieurs siècles. C’est la question que beaucoup se posent, et il faut être honnête : il n’y a pas de position unique sur ce sujet, ni chez les savants classiques, ni chez les savants contemporains. Le Prophète ﷺ n’a pas institué de célébration annuelle de sa propre naissance, et ses Compagnons ne l’ont pas fait non plus de son vivant ni juste après. La pratique est apparue plusieurs siècles après lui.
Une part importante de savants classiques — dont l’imam Abu Shama, maître de l’imam an-Nawawi, ou encore Ibn Hajar al-Haytami — ont classé la commémoration du Mawlid comme une bid’a hasana, une « innovation louable » : quelque chose qui n’existait pas du temps du Prophète ﷺ mais qui ne contredit aucun principe de la religion, et qui rapproche du bien. Leur argument central : si le contenu de la célébration se limite à la sira, aux salawat, à l’aumône et au rappel de la miséricorde envoyée à travers le Prophète, rien n’interdit cela. Des institutions comme Al-Azhar ont historiquement penché vers cette permission.
Les traditions observées selon les régions
Indépendamment du débat religieux, plusieurs pratiques culturelles se sont développées autour de ce mois dans différents pays musulmans : mosquées et maisons illuminées, veillées où l’on récite des poèmes de louange au Prophète (le madih), rassemblements familiaux autour de la sira. Ce sont des traditions locales et culturelles — leur statut suit le même débat exposé plus haut, elles ne sont ni prescrites ni interdites de façon tranchée.
Indépendamment du débat sur la forme de la célébration, il y a des choses que tous les avis encouragent pendant ce mois — parce qu’elles sont recommandées toute l’année, pas seulement le 12 Rabi al-Awwal : Rabi al-Awwal arrive après Muharram, premier mois de l’année hégirienne et son jour d’Achoura. C’est aussi dans ce mois que le Prophète, après la Hijra, posa les fondations de la première mosquée à Médine, à Quba — la ville qui allait devenir le cœur de la communauté naissante.
Se replonger dans cette période de la sira, c’est aussi se reconnecter à ce qui pousse tant de croyants à vouloir, un jour, fouler les lieux où tout cela s’est joué — La Mecque, puis Médine.
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