La Justice malienne met un influenceur recherché par Abidjan à la disposition des enquêteurs ivoiriens dans un contexte singulier

Afriquinfos Editeur
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Mehdi (DR-Le Media 100Filtre)

Abidjan (© 2026 Afriquinfos)- Visé depuis avril 2026 par plusieurs plaintes pour viols et abus sexuels sur de jeunes femmes, le créateur de contenu ivoirien connu sous le nom de ‘’Coach Mehdi’’, a été arrêté ce week-end au Mali, où il s’était réfugié après l’éclatement de l’affaire. Le ministère ivoirien de la Femme, de la Famille et de l’Enfant a annoncé que l’homme est désormais ‘’à la disposition des autorités judiciaires compétentes’’.

Selon des sources proches des hautes autorités ivoiriennes au cœur du dossier, grâce à la coopération policière entre le Mali et la Côte d’Ivoire, le prévenu a été mis aux arrêts. Il devrait être extradé incessamment, avant la fin de cette semaine.

L’affaire avait éclaté à la fin du mois d’avril 2026, lorsque plusieurs femmes avaient témoigné, face caméra sur les réseaux sociaux, d’un même scénario impliquant cet influenceur connu pour ses publications sur les relations de couple. Elles l’accusaient de harcèlement, de viols et de violences physiques et psychologiques. Ces témoignages avaient conduit « Coach Mehdi » à quitter le territoire ivoirien.

Selon le ministère ivoirien de la Femme, 17 femmes ont depuis été accueillies et accompagnées sur le plan juridique et psychosocial dans le cadre de ce dossier. Une plainte a été déposée au nom des victimes auprès du procureur de la République, saisi de l’affaire.

Le ministère précise que la justice ivoirienne devra établir les responsabilités « dans le respect de son indépendance ». Selon plusieurs médias ivoiriens, le mis en cause restait, à la date du 23 août, toujours détenu par les autorités maliennes, un éventuel transfert vers la Côte d’Ivoire pouvant intervenir ultérieurement.

Pour la Ligue ivoirienne des droits des femmes (LIDF), cette arrestation ne constitue qu’une première étape. Début août, l’organisation avait saisi le procureur de la République et demandé aux autorités de communiquer sur l’état d’avancement de la procédure, estimant que le silence risquait d’entamer la confiance des victimes dans la justice.

« Cette arrestation est un premier pas en vue de rassurer les victimes, car elle va permettre de lancer la procédure et de savoir ce qui s’est réellement passé », a déclaré Marie Bénédicte Kouadio, chargée des interventions au sein de la LIDF.

De son côté, le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, dans un communiqué publié au lendemain de l’éclatement de cette affaire, avait condamné ces agissements présumés. Le ministère a annoncé avoir saisi la justice ivoirienne et mobilisé des cellules d’accompagnement psychologique et juridique pour l’écoute des victimes.

Le ministère ivoirien de la Femme s’est voulu rassurant : ‘’Aucune violence, aucun viol ne demeurera impuni’’.

Pour le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, les faits dénoncés relèvent de graves infractions pénales et constituent « une violation intolérable de la dignité, de l’intégrité physique et morale des femmes« .

Selon la tutelle, « utiliser une influence acquise sur les réseaux sociaux pour attirer, manipuler puis violer des femmes vulnérables appelle une réponse judiciaire exemplaire« , tout en rappelant que « nul n’est au-dessus de la loi en Côte d’Ivoire ».

V.A.