CMA-CGM offre à la France le plus gros cargo à voile actuel sur la planète !

Afriquinfos Editeur
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Neoliner Origin, le premier cargo de transport de marchandises à voile (DR-Jerome Ollier)

Marseille (© 2025 Afriquinfos)-La France dispose à ce jour du premier cargo à voile au monde.  Il s’agit du Neoliner Origin, plus grand cargo à voile du monde. Œuvre de l’armateur CMA-CGM, géant français du transport maritime, le navire  mesure 136 mètres de long, avec 3 000 m² de voiles, et promet de réduire de 80% les émissions de gaz a effet de serre. Il a fait escale à Marseille, lundi 6 octobre.

Avec deux grandes voiles, le plus long cargo dispose d’un équipement de taille, avec deux mâts en carbone de 76 mètres et des voiles rigides : Elle fait 1 500 m² de surface. Et le principe de cette voile, c’est qu’elle se plie, elle s’envoie en moins de 2 minutes 30. Et c’est entièrement automatisé, piloté par un ordinateur en fonction de la voie apparente.

A peine sorti de son chantier en Turquie, après deux ans de travaux, le bateau peut transporter plus de 5 000 tonnes de marchandises. La compagnie assure que le chargement équivaut à celui d’un petit cargo traditionnel. Il pourra même accueillir des passagers.

S’il y a toujours un moteur en assistance, le commandant espère bien s’en passer. Même si à la voile le trajet sera plus long. « Il y a ces voiles qui sont là pour nous aider et, à terme, pour nous propulser uniquement. Donc on envisage de performer suffisamment pour naviguer uniquement à la voile« , affirme Mathieu Poulain, le commandant du navire Neoliner Origin.

Neoliner Origin a transporté 300 voitures à Bastia, avant de rejoindre Marseille, où il a fait une escale lundi au pied de la tour de CMA-CGM, partenaire majeur de Neoline avec 37 % de participation.

Parmi ses principales innovations, les voiles – des panneaux de carbone et fibre de verre mis au point par les Chantiers de l’Atlantique – peuvent être hissées ou affalées en 2 minutes 30 et sont orientées automatiquement pour optimiser la prise au vent. Ce navire rutilant, aux mâts rabattables, intègre également des outils de simulation numérique de routage météo pour choisir en temps réel les trajectoires les plus efficaces. « L’objectif final, c’est d’atteindre une propulsion vélique de 90-95 %, les moteurs nous servant uniquement à appareiller et accoster », explique le capitaine Mathieu Poulain.

Une première transatlantique dès ce 16 octobre

Après un baptême officiel à Nantes le 13 octobre, le Neoliner Origin quittera le 16 octobre son port d’attache de Saint-Nazaire pour sa première transatlantique jusqu’à Saint-Pierre-et-Miquelon, puis Baltimore (États-Unis) et Halifax (Canada), et assurera ensuite une rotation par mois à une vitesse commerciale de 11 nœuds, explique le président de Neoline, Jean Zanuttini.

Dans son garage principal, long de 117 m, dans lequel colis et conteneurs sont chargés par l’arrière, le Neoliner Origin pourra embarquer 5 300 tonnes de marchandises, soit nettement plus que les volumes jusqu’ici proposés par les navires à la voile. Huit chargeurs français se sont déjà engagés : Renault, Manitou, La Fournée Dorée, Hennessy, Rémy Cointreau, Longchamp, Clarins et Bénéteau.

Pour la CMA-CGM, le Neoliner Origin est ‘’un véritable démonstrateur industriel de la transition énergétique dans le transport maritime’’. ‘’Il y a déjà aujourd’hui une dizaine d’offres sur le marché de systèmes qui permettent l’assistance vélique. Mais la grande nouveauté sur ce projet, c’est qu’on ne parle plus d’assistance, on est sur un vrai voilier !’’, relève Xavier Leclercq, vice-président du groupe CMA CGM.

’Nous avons voulu prouver qu’il était possible de concevoir un navire performant, rentable et capable de diviser par cinq la consommation de fuel tout en rendant un service de qualité. Aujourd’hui, nous avons démontré que ce projet est finançable, constructible et désormais exploitable’’, se félicite Jean Zanuttini, qui prévoit déjà la construction d’un second cargo identique, dont la mise en chantier pourrait débuter mi-2026.

‘’C’est certainement une des solutions qui va s’imposer pour décarboner le transport maritime’’, estime M. Leclercq de la CMA CGM qui opère plus de 650 navires dans 160 pays. Actuellement, le transport maritime est responsable de 3 % des émissions mondiales de CO2 et près de 99 % des navires dédiés au transport international utilisent du fioul lourd ou du gaz naturel liquéfié. L’Organisation maritime internationale (OMI) vise une réduction des émissions de 20 à 30 % d’ici à 2030 pour atteindre le zéro émission net en 2050.

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