Centrafrique: Le pouvoir Touadera ne minimise plus aucune suspicion d’espionnage

Les deux employés français et centrafricain de l'ONG Médecins sans Frontières (MSF) arrêtés début mars 2026 dans le sud de la Centrafrique ont été libérés ce 11 mars, a annoncé l'ONG.

Afriquinfos Editeur
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Centrafrique: Le pouvoir Touadera ne minimise plus aucune suspicion d'espionnage
Un véhicule de Médecins Sans Frontières (MSF) circule dans une rue de Bangui, capitale de la Centrafrique, le 28 mars 2013.

Les deux employés français et centrafricain de l’ONG Médecins sans Frontières (MSF) arrêtés début mars 2026 dans le sud de la Centrafrique ont été libérés ce 11 mars, a annoncé l’ONG.

« Nous confirmons que nos deux collègues sont sortis de détention ce 11 mars en fin de journée », a indiqué Médecins sans Frontières à l’AFP. MSF avait annoncé le 10 mars dernier que deux de ses employés, un Français et un Centrafricain, avaient été arrêtés début mars dans la ville de Zémio, dans le sud du pays, à la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC). Et étaient depuis détenus à Bangui, la capitale.

La veille, le ministère centrafricain de la Défense avait annoncé la seule arrestation de l’employé français de MSF sur la base de « sérieux soupçons d’activités visant la déstabilisation de la situation sécuritaire dans la préfecture du Haut-Mbomou ». Leur libération intervient la veille du déplacement ces 12 et 13 mars à Bangui du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui y a rencontré le Président centrafricain Faustin Archange Touadéra, la première visite d’un chef de la diplomatie française en Centrafrique depuis sept ans.

MSF avait indiqué après leur arrestation que ses deux employés faisaient partie d’une équipe de l’ONG « présente à Zapay dans le nord de la RDC » depuis février 2026 et qui s’étaient « rendus à Zemio sur l’invitation des autorités civiles locales ». Les autorités centrafricaines ont de leur côté affirmé que l’employé français de MSF était entré illégalement en Centrafrique depuis la RDC en contournant les points de passage établis. Et qu’il ne disposait pas de document justifiant de la légalité de sa présence sur le territoire centrafricain.

Arrêté en mai 2024 dans cette même localité de Zemio, un consultant belgo-portugais d’une ONG américaine, Joseph Figueira Martin, reste incarcéré en Centrafrique, après avoir été condamné en novembre 2025 à dix ans de travaux forcés, notamment pour « atteinte à la sûreté de l’Etat ».

La situation sécuritaire en Centrafrique, Etat enclavé d’Afrique centrale, s’est améliorée après la sanglante guerre civile des années 2010. Mais la région du Haut-Mbomou, frontalière du Soudan du Sud et de la RDC, demeure le théâtre d’affrontements entre l’Armée et les paramilitaires russes de Wagner d’un côté et des milices locales de l’autre.

© Afriquinfos & Agence France-Presse