Sénégal: DPG de plus de 2H du PM Ahmadou Lamine Lô devant le Parlement sur fond de grand équilibrisme ce 08 septembre… 

Afriquinfos Editeur
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Ahmadou Al Aminou LO devant l'Assemblée Nationale ce 8 septembre (DR-Ayoba Faye)

Dakar (© 2026 Afriquinfos)- Le Premier Ministre sénégalais Ahmadou Al Aminou LO,  a présenté ce mardi 8 septembre 2026, devant l’Assemblée nationale, sa Déclaration de Politique générale (DPG). La DPG intervient après sa nomination à la tête du gouvernement le 25 mai dernier, en remplacement d’Ousmane Sonko.

La séance consacrée à cette déclaration intervient après l’ouverture, le 1er septembre, de la deuxième session extraordinaire de l’année, convoquée à la demande du Président de la République Bassirou Diomaye Faye.

Le Premier Ministre a lors de sa présentation fait un état des lieux sans détour des finances publiques. La dette du secteur public consolidée s’établissait fin 2024 à environ 132 % du PIB, soit plus de 23 500 milliards de francs CFA, pour un déficit réévalué à 13,7 % du PIB. En 2025, la croissance hors hydrocarbures s’est limitée à 2,2 % et le déficit budgétaire à 6,4 %. Face à cette situation, aggravée selon lui par le déclenchement en février 2026 d’une guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël, cinq dégradations successives de la notation souveraine ont été enregistrées auprès de Moody’s et de Standard & Poor’s.

 Ahmadou Alhaminou Lo a confirmé qu’un accord technique avait été conclu le 1er septembre 2026 avec les services du Fonds Monétaire International sur un nouveau programme axé sur l’investissement et la transparence, insistant sur le fait qu’aucune conditionnalité n’excède les engagements déjà pris dans le programme présidentiel « Diomaye Président ». Il a également détaillé un Plan de Traitement de la Dette du Sénégal (PTDS), annoncé le 1er septembre et « quasi finalisé », visant un allongement des maturités et une réduction du coût moyen de la dette, avec l’appui du FMI, de la Banque mondiale et des créanciers officiels. L’apurement des arriérés de paiement au secteur privé, évalués à 1 956 milliards de FCFA à fin mars 2025, figure également parmi les priorités immédiates.

Alors que le Sénégal fait face à un délestage, le Premier Ministre a également annoncé une réforme des subventions à l’énergie, dont le coût sera ramené à moins de 1 % du PIB d’ici 2029, avec un recentrage vers les ménages les plus vulnérables et un objectif de baisse de 30 % du prix du kilowattheure d’électricité à l’horizon 2030. Il a fixé un objectif de couverture d’un million de ménages pauvres et vulnérables par un filet social dès 2027, avec une enveloppe budgétaire doublée à 140 milliards de FCFA. Dans le logement, l’ambition affichée est de livrer au moins 30 000 unités par an face à un déficit estimé à 500 000 logements.

 Le Chef du Gouvernement a par ailleurs évoqué plusieurs dossiers sensibles : les enquêtes en cours sur les événements survenus entre février 2021 et février 2024, la revue des contrats miniers et pétroliers, les audits fonciers sur le littoral et le domaine de l’État, ainsi que le dossier de Yakaar-Teranga, gisement gazier dont le contrat expire en juillet 2026 avec 55 millions de dollars d’indemnités attendues par l’État. Sur le plan diplomatique et sécuritaire, il a rappelé la fin, depuis juillet 2025, de toute emprise militaire étrangère sur le sol sénégalais.

 Une série de projets dits « catalytiques » a été présentée comme structurante pour la décennie : développement gazier de Yakaar-Teranga, réseau gazier national, modernisation du raffinage (SAR 2), hub minier de Kédougou, Grand Transfert d’eau, nouvelle ligne ferroviaire Dakar-Tambacounda-Kidira, quatre nouveaux hôpitaux régionaux, ou encore le Dakar Millenium Center, projet urbain de 500 milliards de FCFA à Ouakam.

 Ahmadou Alhaminou Lo a conclu en plaçant la stabilité institutionnelle, macroéconomique et sociale comme « l’aiguille de la boussole » de son action, tout en appelant à un effort partagé des Sénégalais, fondé sur le civisme fiscal, la consommation locale et le volontariat. « Ce Gouvernement ne demande pas à être jugé sur ses intentions, mais sur son efficacité et sur ses résultats », a-t-il déclaré, promettant des revues trimestrielles d’exécution qu’il présidera lui-même.

Cette déclaration intervient quelques jours après l’annonce, le 1er septembre, d’un accord au niveau des services entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) sur les principales politiques économiques devant soutenir un nouvel accord de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), d’un montant d’environ 2,2 milliards de dollars.

Le montant envisagé correspond à 1 537,1 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 475 % de la quote-part du Sénégal au FMI. Le nouvel accord doit encore être soumis à l’approbation de la direction et du Conseil d’administration du Fonds.

Il doit accompagner le programme de réformes économiques et financières du Sénégal sur la période 2026-2029.

L’adoption en 2027 d’une stratégie de recettes à moyen terme

Selon le FMI, les autorités sénégalaises prévoient en effet une mobilisation accrue des recettes intérieures, une meilleure maîtrise des dépenses publiques, un renforcement de la gestion de la dette, ainsi qu’une amélioration du suivi des arriérés intérieurs et de la supervision des entreprises publiques.

Le programme prévoit également l’adoption, en 2027, d’une stratégie de recettes à moyen terme destinée à accroître durablement les ressources fiscales. Les autorités veulent aussi améliorer l’environnement des affaires et renforcer l’inclusion financière.

Sur le plan économique, le Sénégal a enregistré une croissance réelle de 6,7 % en 2025, portée notamment par la première année complète de production pétrolière, selon le FMI.

La croissance du PIB non pétrolier et gazier s’est établie à 2,2 % en 2025, avant de rebondir à 4,7 % au premier trimestre 2026, soutenue principalement par la consommation privée. L’inflation s’est établie à 1,4 %.

Le futur programme du FMI reste notamment conditionné à la mise en œuvre de mesures correctrices liées au précédent cas de communication d’informations erronées et à l’obtention des assurances de financement nécessaires de la part des partenaires du Sénégal.

Vignikpo Akpéné