Bamako (© 2026 Afriquinfos)- Boncana Maïga, l’une des figures emblématiques de la musique malienne a marqué durablement l’histoire de la salsa africaine et des musiques populaires ouest-africaines. Décédé à Bamako ce 28 février à l’âge de 77 ans, ce compositeur, arrangeur, chef d’orchestre et flûtiste fut l’un des grands artisans du pont musical entre l’Afrique de l’Ouest et Cuba! Il a également contribué à l’ascension de plusieurs artistes sur le continent.
Lors de son séjour en Côte d’Ivoire en 1973, Boncana Maïga a contribué à l’ascension d’artistes comme Chantal Taïba, Aïcha Koné, Alpha Blondy, Nayanka Bell, Gadji Céli, Kandia Kouyaté, Oumou Sangaré, etc.
Aïcha Koné, qui reconnaît que « sans lui, [elle] ne serai[t] pas devenue ce qu'[elle est] aujourd’hui ». Cette dernière, qui s’était révélée dans les années 1970 au sein de l’orchestre de la Radio Télévision Ivoirienne alors dirigé par le « Maestro », confie aussi avoir perdu un père : «Boncana, je ne sais pas quoi dire… C’est le papa qui me donnait du réconfort. Il me tapait dans le dos, il m’a donné confiance. Il m’a engagée comme choriste pendant quatre ans de formation avant de faire connaître ma première chanson, arrangée par M. Boncana lui-même».
Dans son pays natal, le Mali, Boncana Maïga aura travaillé à faire émerger des artistes comme Kandia Kouyaté, Oumou Sangaré, Amy Koïta, Nahawa Doumbia, devenus plus tard de véritables icônes de la musique malienne voire mondiale.
Et la liste est loin d’être exhaustive. Car, parmi les artistes qui ont évolué sous l’aile de Boncana Maïga, on peut également citer Sonia Carré d’As du Burkina et Kamaldine de la Guinée, épouse de Maïga. Outre la musique, Boncana Maïga aura aussi marqué le septième Art en signant, en 1988, la bande originale du film « Bal Poussière » du réalisateur ivoirien Henri Duparc.
Homme affable, Boncana Maïga fut un artiste multi-displinaire, maniant avec dextérité, saxophone, flûte, guitare, etc. Membre fondateur du groupe musical négro-bande, le maestro, comme on l’avait surnommé, aura fait danser tout son pays dès le début de sa carrière, avant de s’envoler pour Cuba où il aura séduit avec ses instruments de gloire : flûte, saxophone, guitare. Et ce n’est pas tout.
Ce monument de la musique avait cofondé d’autres groupes emblématiques comme Las Maravillas du Mali, le Africando connu pour ses rythmes afro-cubains.
L’homme qui a fondé et dirigé quatorze ans durant, l’Orchestre national de la Radiotélévision ivoirienne, tout en enseignant la musique au Conservatoire national, aura également marqué le continent noir par son talent d’animateur de l’émission «Star Parade» de TV5, contribuant ainsi à valoriser la musique africaine à l’international.
L’architecte sonore de nombreux succès planétaires
Le monde entier se souviendra de lui comme étant l’homme qui aura contribué à façonner la vie d’hommes et de nations. Cela est d’autant plus vrai qu’en plus de la pléiade d’artistes qu’il a accompagnés durant sa vie, il a aussi apporté sa touche à l’arrangement de certains hymnes nationaux à l’image de celui du Niger. Cette légende de la musique malienne a beaucoup apporté au continent africain et au reste du monde à travers ses œuvres.
Au-delà de l’émotion palpable, les témoignages ont mis en lumière le destin hors du commun de cet artiste polyvalent. Flûtiste de formation, chef d’orchestre visionnaire et producteur de génie, Boncana Maïga a été l’architecte sonore de nombreux succès planétaires. Son parcours, marqué par des décennies d’innovation, a permis de jeter des ponts entre les traditions maliennes et les sonorités modernes.
Vignikpo Akpéné



