Les USA opposés à la création d’un ‘Bureau d’appui de l’ONU’ au G5 Sahel

New-York (© 2021 Afriquinfos)- Envisagée pour pérenniser le système de financement de la force conjointe du G5 Sahel, la création d’un «Bureau d’appui des Nations Unies» pour fournir un soutien logistique et opérationnel à ladite force, n’a pas reçu l’assentiment des Etats-Unis. L’Ambassadrice américaine à l’ONU a opposé mardi dernier lors d’une réunion du Conseil de sécurité, un refus catégorique à cette initiative portée par le Niger et le Tchad, et soutenue par la France.

Les Etats-Unis ne veulent pas contribuer plus qu’ils le font déjà dans la lutte contre le terrorisme dans la région du Sahel, et estiment que les fonds dédiés aux opérations de la paix de l’ONU ne doivent pas être alloués à cet effet. «Nous pensons que les fonds des opérations de la paix de l’ONU ne sont pas une source viable de financement pour la force conjointe», a défendu l’ambassadrice américaine à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield. C’était lors d’une réunion virtuelle du Conseil de sécurité.

La diplomate américaine estime qu’« attribuer un mandat fort sous le chapitre sept de la Charte de l’ONU «n’est ni approprié ni idéal pour l’aider à accomplir sa mission». «Les Etats-Unis ont engagé plus de 580 millions de dollars d’aide à la sécurité et autre soutien contre l’extrémisme violent aux pays du G5″, et c’est la « bonne approche», a rappelé Linda Thomas-Greenfield.

Logique de Washington

Cette réponse de Washington fait suite à une requête introduite par le chef militaire du G5 Sahel, le général Oumarou Namata, et le chef de la diplomatie du Tchad, Oumar Ibn Daoud. Ils avaient tous deux réclamé avec insistance la création d’un « bureau d’appui » financé sur le budget des opérations de paix de l’ONU. «Il est important de rappeler la nécessité de trouver le moyen de pérenniser le système de financement de la force conjointe Sahel», a souligné le général Namata. «La solution la plus pérenne serait la mise en place d’un bureau d’appui des Nations unies (…) qui serait financé au moyen de contributions statutaires ou volontaires», a-t-il dit.

Vu la fin de non-recevoir opposée par les Etats-Unis, plus gros contributeur de l’ONU, ce n’est pas demain que le projet (pourtant soutenu par la France) de création d’un bureau d’appui des Nations Unies au G5 Sahel verra le jour. Washington est soutenue par Londres qui n’agrée pas elle aussi l’opportunité d’utiliser des contributions fixées par l’ONU pour soutenir des missions non onusiennes.

En raison des avis partagés sur la question au sein du Conseil de Sécurité, l’envoi d’une lettre au SG de l’ONU qui aurait demandé plus d’informations sur les modalités et les besoins de création du bureau d’appui, n’a pu se faire.

Le G5 Sahel a été créé en 2014 dans le but de fédérer les actions de lutte contre le terrorisme dans les cinq pays qu’il regroupe: le Burkina Faso, le Mali, le Niger, la Mauritanie et le Tchad. Ses résultats sur le terrain restent mitigés.

Boniface T.

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