OMC: Okonjo-Iweala croit toujours en ses chances malgré l’opposition des USA à son élection 

Abuja (© 2020 Afriquinfos)- L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) réunie en session pour nommer son prochain dirigeant, est de nouveau dans l’incertitude après le refus des Etats-Unis de soutenir la candidature de la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala. C’était lors d’une réunion mercredi dernier à Genève. L’Africaine reste toutefois hyper confiante.

Restée sans patron depuis fin août 2019 avec le départ du Brésilien Roberto Azevedo, pour raisons personnelles, l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) s’est lancée en septembre dernier dans un processus devant conduire au choix de son nouveau dirigeant.

Alors que le bout du tunnel se faisait apercevoir, la machine semble à nouveau grippée avec le refus des Etats-Unis de soutenir la candidature de la Nigériane Okonjo-Iweala. Ancienne Ministre des Affaires étrangères et des Finances de son pays, mais aussi ex-numéro deux de la Banque mondiale âgée de 66 ans, elle est en lice pour devenir la première femme et première Africaine à diriger l’organisation. Tous les signaux étaient au vert pour elle avant la volte-face des USA.

En effet, la candidate africaine a rassemblé le soutien de tous les Etats membres; seuls les Etats-Unis ont fait opposition au profit de la Sud-Coréenne Yoo Myung-hee. Le porte-parole de l’OMC, Keith Rockwellle a expliqué lors de la réunion à Genève que «les Etats-Unis ont déclaré qu’ils soutenaient la Ministre Yoo en raison de ses 25 ans d’expérience dans le domaine du commerce, et parce qu’elle serait capable de se mettre au travail dès le premier jour. Ils ont dit qu’ils ne pouvaient pas soutenir Dr Ngozi». Pour les Américains, la Sud-Coréenne Yoo Myung-hee a «toutes les compétences requises pour diriger de manière efficace l’organisation».

Alors même que le collège composé du Président du Conseil général, du Président de l’Organe de règlement des différends et du Président de l’Organe d’examen des politiques commerciales qui supervise le processus, après avoir consulté les membres de l’OMC, a annoncé en définitive que Mme Ngozi est la candidate ayant le plus de chances de réunir un consensus.

Partie remise pour Dr Okonjo-Iweala

Outre la crise économique, le prochain Chef de l’OMC devra relever le défi de la crise de confiance dans le multilatéralisme et dans le bien-fondé de la libéralisation du commerce mondial, le tout sur fond de guerre commerciale entre les deux premières puissances économiques mondiales, la Chine et les Etats-Unis. Il faudra aussi rebâtir l’organe de règlement des différends, le tribunal de l’OMC qui, mis à mal par l’administration Trump, est en état de mort cérébrale.

Mais la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala croit toujours en ses chances, elle qui avait indiqué à la mi-octobre, vouloir se donner deux priorités pour démontrer que l’OMC est indispensable dans le monde contemporain. Aussi, ambitionne-t-elle de présenter à la Conférence ministérielle de l’organisation de l’année prochaine un accord sur les subventions à la pêche, ce qui constituerait la preuve que l’OMC peut encore produire des avancées multilatérales.

«Je suis la candidate de la réforme», avait-elle ajouté confiante.

En attendant, les membres de l’OMC doivent se réunir à nouveau le 9 novembre prochain à Genève, une réunion qui ne peut avoir lieu avant l’élection américaine du 3 novembre, pour décider de la suite du processus du choix de la prochaine patronne de l’OMC. Si le désaccord persiste, un vote est possible mais l’OMC n’y a jamais eu recours.

Boniface T.

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