Le Sénégal quitte le top 10 des pays démocratiques du continent africain

Dakar  (© 2021 Afriquinfos)- Des études viennent mettre en exergue la dictature rampante dénoncée par la société civile et des acteurs politiques au Sénégal. Deux classements de référence, publiés en mars et cités par ‘JeuneAfrique’, mettent le Sénégal dans la zone orange. L’un d’eux éjecte même le Sénégal hors des 10 premières places en matière de liberté et de démocratie sur le continent noir.

Dans son classement Democracy Index, The Economist intelligence Unit (Eiu), le bureau de recherche indépendant du journal The Economist, met l’Ile Maurice, le Cap-Vert ou le Botswana sur le podium. «Ni le Sénégal (86è mondial) ni le Bénin ne figurent plus dans le top 10 africain du Democracy index, malgré leur longue réputation d’ouverture, de liberté d’expression (…) et d’alternances démocratiques», souligne JeuneAfrique. Le Sénégal, placé derrière Madagascar (85é), est devancé également par le Ghana, la Tunisie, la Namibie le Lesotho ou le Malawi.

Autre classement, celui du ‘Freedom house’, un think tank américain. Ici, c’est le Cap-Vert qui mène la danse. Quant au Sénégal, avec ses 71 points, il ne fait plus partie des pays ‘’libres’’, après avoir perdu 7 points entre 2017 et 2020. Dans ce classement, Dakar appartient désormais à la catégorie des Etats ‘’partiellement libres’’.

Même si les points affectés et les positions accordés diffèrent entre ces deux classements, il y a une constance : le recul du Sénégal en matière démocratique depuis quelques années. Élections contestées, principaux opposants emprisonnés ou éliminés par le filtre du parrainage, réduction de l’opposition à sa plus simple expression (transhumance de Idy)… «La présidentielle de 2019 n’est pas à prendre en compte du point de vue de la répartition des forces sur le champ politique», déclarait récemment le docteur en Science politique à l’Ugb (Université Gaston Berger) Maurice Soudiek Dione.

A cela s’ajoutent la pression exercée sur les activistes fréquemment envoyés derrière les barreaux, une presse embarquée, des velléités liberticides à propos des réseaux sociaux. Sans oublier la terreur installée dans le camp présidentiel au sujet du 3ème mandat.

Ce classement, il faut le préciser, ne prend pas en compte l’affaire Sonko-Adji Sarr et ses ramifications politico-sociales (14 personnes tuées dans des manifestations et des arrestations tous azimuts). Ce qui aurait sans doute placé le Sénégal encore loin derrière.

I. N.

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