Côte d’Ivoire: Résultats du référendum validés, la IIIème République démarre sous Ouattara

Abidjan (Afriquinfos 2016) – Le Conseil constitutionnel a validé le référendum sur la troisième République. Par ce fait, il a entériné le «Oui» voulu par le camp du président Alassane Ouattara.

«Le projet de Constitution est adopté par 93,42% des voix contre 6,58% et devient la Constitution de la République de Côte d’Ivoire», a déclaré Mamadou Koné, le président du Conseil constitutionnel. Il a tenu à préciser que «les réclamations des partis politiques Lider », de quatre autres partis et du Front populaire ivoirien (FPI, principal parti d’opposition, ndlr) sont rejetés». Pour le président du Conseil constitutionnel, «le scrutin du 30 octobre 2016 est régulier». La Côte d’Ivoire est ainsi  entrée  dans la 3ème  République dès la promulgation du texte par le président. « Cela devrait se faire rapidement », a affirmé Bruno Koné le porte-parole du gouvernement.

 A l’annonce officielle des résultats provisoires, Alassane Ouattara les a qualifiés de «plébiscite», une victoire écrasante du «Oui au référendum» avec 93,42% des suffrages en faveur de la nouvelle Constitution.  «42,42% de participation, 93,42% de Oui (…), c’est vraiment un plébiscite», avait-il déclaré  en ouverture du Conseil des ministres. Pour lui, «le taux de participation de 42% (était) un bon taux pour un référendum».

Mais l’opposition a rejeté les résultats. Elle a qualifié de «fraude massive» et de «résultats truqués» le référendum voulu par Alassane Ouattara. «Ce flagrant délit de fraudes massives et grossières conduit à déclarer, que ceux-ci (les résultats) sont frappés de nullité absolue», a déclaré dans un communiqué la coalition du «Non-Front du Refus». Elle affirme que «la participation n’a pas pu dépasser 5%».

La Constitution en passe de réveiller les vieux démons politiques

«Nous demandons au peuple de prendre son destin en main», a exhorté Danièle Boni-Claverie la présidente de l’Union républicaine pour la démocratie (URD), membre de la coalition. Elle a dans la foulée de la protestation, annoncé un grand meeting dans le quartier populaire de Yopougon (ouest d’Abidjan). Pour elle, l’objectif est de «panser les blessures et continuer la lutte contre le coup d’Etat constitutionnel de Ouattara». «Le peuple gronde. Il va bientôt y avoir une ébullition sociale avec des grèves», a-t-elle-même menacé. Ce samedi, à Yopougon, ce meeting annoncé s’est tenu avec un cortège de blessés graves, victimes de violences aux armes blanches par des inconnus.

«Nous n’allons pas rester les bras croisés. Nous savons comment marcher et nous marcherons à nouveau», a déclaré Aboudramane Sangaré, leader des « frondeurs » du Front Populaire Ivoirien (FPI), fondé par l’ancien président Laurent Gbagbo. Selon le pouvoir en place en Côte d’Ivoire, la nouvelle Constitution devra permettre de tourner la page d’une décennie de crise politico-militaire et d’éloigner le  spectre odieux et horrible  de l’ «ivoirité». Elle permettra également de clarifier les conditions d’éligibilité du Président. Les textes de la 3ème République disposent aussi d’un poste de vice-président, de  Sénat et de la Chambre des rois et chefs traditionnels. Les dispositions sont également étendues au domaine de compétences du Conseil économique et social à l’environnement.

Anani  GALLEY

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