Terrorisme au Sahel: Paris répond avec précisions aux nouvelles accusations viles de Bamako

Paris (© 2022 Afriquinfos)- Alors qu’on pensait que la page du bras de fer entre Paris et Bamako quelque peu tournée avec le départ définitif des troupes françaises du Mali, il semble bien que non. C’est à l’ONU que l’affaire s’est transportée avec une plainte déposée par les autorités maliennes pour espionnage et armement de terroristes. Des allégations que Paris dénonce avec véhémence.

Le fossé se creuse un peu plus entre Paris et Bamako. Dans un long courrier adressé au Président du Conseil de Sécurité des Nations Unies, Zhang Jun, le Ministre Malien des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale, Abdoulaye Diop, porte de graves accusations contre les troupes françaises. Jusqu’au 15 août dernier, ces dernières étaient encore positionnées dans le pays avant leur redéploiement définitif vers le Niger.

A grand renfort d’un tableau intitulé ‘’Tableau des Incidents aériens depuis l’annonce du retrait de la Force Barkhane’’, Bamako accuse sans détour la force française d’espionnage et de fourniture de renseignements et d’armes aux terroristes qu’elle est censée combattre.

Face à de telles accusations, Paris n’a pas tardé à réagir par l’entremise de son Ambassade au Mali. Dans une série de tweet, la représentation diplomatique a déploré lesdites allégations rappelant que « la France est intervenue au Mali entre 2013 et 2022 à la demande des autorités maliennes ». Durant cette période, « la France a libéré de nombreuses villes maliennes qui étaient tombées entre les mains des terroristes, lesquels imposaient leur règne de terreur – interdiction de l’éducation, meurtres, punitions corporelles –, notamment à Tombouctou et à Gao».

L’Ambassade française au Mali met aussi en exergue les faits d’armes de la Force Barkhane notamment la neutralisation de plusieurs centaines de djihadistes dont des figures emblématiques des groupes terroristes.Elle rappelle que  »la France est intervenue au Mali entre 2013 et 2022 à la demande des autorités maliennes« . Durant cette période, « la France a libéré de nombreuses villes maliennes qui étaient tombées entre les mains des terroristes et neutralisé plusieurs centaines de terroristes au Mali et mis hors d’état de nuire deux figures historiques du terrorisme dans la région« , dit l’ambassade. Il s’agit notamment du chef d’Aqmi, l’Algérien Abdelmalek Droukdel, tué par Barkhane et de Bah Ag Moussa, « chef militaire » du GSIM, également abattu par la France.

Paris n’a pas manqué de rappeler les pertes en vies humaines subies par ses troupes précisant qu’ils sont ‘’53 soldats français (…) dont la mission consistait, avant tout, à lutter contre les groupes terroristes’’. Et à Paris d’insister sur le fait qu’elle n’a jamais ni de près ni de loin, apporter un quelconque soutien au groupes terroristes ‘’qui demeurent ses ennemis désignés sur l’ensemble de la planète’’.

Le ton est le même chez le Général Bruno Baratz, nouveau commandant de la Force Barkhane. Il indique que les militaires français, qui ont toujours été transparents des autorités maliennes, trouvent ‘’que c’est insultant pour la mémoire des leurs 59 camarades qui sont tombés en se battant pour le Mali, et également pour la mémoire des Maliens qui se sont battues à leurs côtés, mais aussi des personnels de la MINUSMA, des Forces africaines de la Minusma qui sont tombées en luttant contre le terrorisme’’.

Le Haut gradé de l’armée de l’Hexagone trouve donc ‘’étonnantes’’ les accusations des autorités maliennes. Dans cette guerre informationnelle, la prochaine manœuvre de Bamako est attendue.

Boniface T.

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