Affaire Jeffrey Epstein: L’ex-ministre sénégalais Karim Wade en front office des leaks sur l’Afrique

Parmi les noms de personnalités africaines les plus amplement citées dans les fuites judiciaires autour de l'affaire Jeffrey Edward (Bear Eppy) Epstein, figure celui de l'ex-ministre sénégalais Karim Meïssa Wade (57 ans, nommé ministre d'Etat dans son pays à partir de 2009).

Afriquinfos Editeur
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Karim Meïssa Wade (57 ans, nommé ministre d'Etat dans son pays à partir de 2009).
Karim Meïssa Wade (57 ans, nommé ministre d'Etat dans son pays à partir de 2009).

PARIS (© 2026 Afriquinfos)- Toutes les personnes ou personnalités citées dans ‘l’affaire Jeffrey Epstein’, en Afrique comme ailleurs dans le monde, sont présumées innocentes, sauf les personnes morales ou physiques condamnées expressément sur le plan judiciaire dans leur pays d’origine.

Parmi les noms de personnalités africaines les plus amplement citées dans les fuites judiciaires autour de l’affaire Jeffrey Edward (Bear Eppy) Epstein, figure celui de l’ex-ministre sénégalais Karim Meïssa Wade (57 ans, nommé ministre d’Etat dans son pays à partir de 2009). Fils de l’ancien Président Abdoulaye Wade (architecte de la première alternance démocratique au Sénégal au début des années 2000), Karim Wade a joué un rôle pivot dans la victoire électorale et les douze années au sommet de l’Etat sénégalais de son père (2000 à 2012).

Un rôle qui lui vaut un procès controversé et une condamnation judiciaire entre 2013 et 2016, avec une lourde amende à payer à la Justice de son pays. Gracié en 2016 par l’ex-Président Macky Sall, Karim Wade a tenté en 2019 et en 2024 d’être candidat du parti PDS (Parti démocratique sénégalais) à une présidentielle. Un profil qui donne davantage d’emphase aux dossiers livrés au regard du grand public par la Justice américaine, et pouvant le concerner.

Homme de réseaux, Karim Wade (économiste de formation ayant exercé en Europe), surnommé « ministre du Ciel et de la Terre » par ses compatriotes sénégalais durant les deux mandats de son père (un septennat plus un quinquennat, 2000 à 2007, & 2007 à 2012) pour la kyrielle de maroquins de souveraineté qu’il cumulait, s’est volontiers prêté au jeu d’entremetteur de Jeffrey Edward (Bear Eppy) Epstein auprès de plusieurs décideurs africains et européens. Essentiellement en Europe occidentale et en Afrique occidentale.

Les révélations (3 millions de documents publiés, divulgués par la Justice américaine le 30 janvier 2026 sur le parcours sulfureux de Jeffrey Edward Epstein) sus-mentionnées citent abondamment des échanges quasi complices et fraternels de feu J. Epstein avec Karim Wade, sur une litanie d’affaires.

Détails croustillants servis au public africain

« 12 aout 2011, 15 novembre 2010 (autour d’une « île paradisiaque »), 21 mai 2011 (mise en relation pour la rencontre d’un sultan sur Paris, allusions à Strauss-Kahn), 7 mai 2011 (organisation et planification d’une tournée mini-africaine du Sultan Bin Sulayem, avec des rendez-vous calés avec plusieurs Présidents africains de l’époque), 24 juin 2016 (échanges de mails sur la libération de Karim Wade et son départ précipité vers le Qatar) », sont quelques unes des nombreuses thématiques jetées en pâture par la Justice américaine le 30 janvier 2026. Des affaires de la vie étatique citant abondamment Karim Wade.

Muet officiellement, depuis fin janvier 2026, autour des révélations de la Justice américaine sur ses relations directes, répétées et continues avec Jeffrey Edward (Bear Eppy) Epstein, Karim Wade (dans la peau de nouveau leader du parti hérité de son père -le PDS-), adopte depuis l’élection du duo Faye-Sonko à la tête du Sénégal (en mars 2024) une posture d’opposant modéré.

Depuis son séjour au Moyent-Orient, le politique Karim Wade est peu prolixe sur les affaires sénégalo-sénégalaises. Sa dernière sortie publique sur son compte officiel X remonte au 19 janvier 2026, au soir de la victoire du Sénégal sur le Maroc en phase finale de la CAN 2025. Il y a loué la « capacité de résilience des Sénégalais face à l’adversité ».

Karim M. Wade est dorénavant à la fois hyper vigilant et ouvert à une collaboration mesurée avec le PASTEF (actuelle formation aux affaires au Sénégal), après avoir tenté à la veille de la présidentielle sénégalaise de 2024 une posture bigarrée, à mi-chemin sur les réalisations de la coalition pro-acquis de Macky Sall et le désir profond d’une alternance pacifique incarné par le PASTEF.

Un état d’esprit politique qu’illustre l’un de ces rares posts sur X de Karim Wade fin mars 2025, à la faveur de la fête de la Korité 2025, un an tout juste après l’accession au pouvoir du duo Faye-Sonko: « Les nouvelles Autorités ont trouvé une situation économique catastrophique. Elles l’ont reconnu. Ce constat ne suffit plus. Le peuple sénégalais attend des solutions concrètes, rapides et durables (…) Nos concitoyens et nos entreprises vivent une pression fiscale insoutenable et une précarité croissante.
Il est temps de s’attaquer à la racine des problèmes avec courage et responsabilité. Dans un contexte aussi difficile, l’unité nationale n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale. Les querelles politiciennes, les divisions, les invectives doivent cesser. Lorsqu’un pays est au bord du précipice, la seule réaction possible est celle du sursaut collectif », avait écrit Karim Wade.

Jeffrey Epstein s’est suicidé en aout 2019, en prison, aux USA, enveloppant sa fin de vie et ses relations ‘incestueuses’ d’une énigme dans différents secteurs. Il avait une fortune estimée à près de 600 millions de dollars, à sa mort. Il a par ailleurs été impliqué dans une série d’affaires de pédo-criminalité aux USA qui ont terni son image au soir de sa vie.

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