New York (© 2025 Afriquinfos)- Les dirigeants de la planète se réunissent à New York au cours de la semaine du 22 septembre à l’occasion de la 80ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, articulée autour du thème « Mieux ensemble : plus de 80 ans au service de la paix, du développement et des droits humains ». Pour L’Afrique qui est également représentée à cette grand-messe, ce sera l’occasion d’aborder certains des défis les plus urgents auxquels elle est confrontée.
Les dirigeants africains devraient se saisir de cette occasion pour rappeler l’urgence des besoins de financement du continent et plaider en faveur de solutions novatrices. Face à un environnement international complexe et en constante mutation, l’Afrique pourrait être appelée à réaffirmer son attachement indéfectible au multilatéralisme, tout en défendant une intégration renforcée au sein des Nations Unies, de même qu’un ordre international plus inclusif.
Parmi ces défis, l’obtention d’un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. Le Conseil de sécurité de l’ONU compte cinq membres permanents : la Chine, la Russie, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis. Bien que les pays africains représentent plus d’un quart des États membres de l’ONU, le continent n’est pas représenté au P5. Le P5 est favorable à ce que l’Afrique obtienne un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.
L’Union africaine a demandé « pas moins de deux sièges permanents » avec droit de veto au Conseil, ainsi que cinq sièges non permanents supplémentaires.
Mais si la plupart des membres de l’ONU s’accordent à dire que l’Afrique mérite une meilleure représentation, Richard Gowan, expert en diplomatie onusienne, affirme qu’ils ne sont pas prêts à partager ce privilège.
« La Russie et la Chine ont exprimé des arguments positifs en faveur d’une plus grande représentation africaine », dit-il. « Mais je ne pense pas qu’elles se soient engagées à accorder un nombre précis de sièges au groupe africain. »
Consolider la place de l’Afrique comme acteur majeur de l’action climatique mondiale
À l’approche du dixième anniversaire de l’Accord de Paris, la question environnementale devrait occuper une place centrale à l’ordre du jour de l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU). Alors même que l’objectif de limitation du réchauffement climatique en deçà du seuil de 1,5°C paraît de plus en plus difficile à atteindre, l’Afrique s’impose aujourd’hui comme un acteur clé dans la lutte contre le changement climatique. Deux mois avant la COP30, le deuxième Sommet africain sur le climat, organisé début septembre 2025 en Éthiopie, a permis au continent d’affirmer son rôle moteur dans le dialogue climatique mondial. Cet événement s’inscrit dans la continuité du premier Sommet africain sur le climat, organisé à Nairobi en 2023.
Relever les défis liés à la contraction de l’aide au développement
Alors que plusieurs grands donateurs – notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne – ont annoncé des réductions de leurs budgets d’aide publique au développement (APD), l’Afrique est confrontée à une réduction substantielle de son soutien financier. Selon l’OCDE, l’APD bilatérale à destination de l’Afrique subsaharienne devrait diminuer de 16-28% en 2025 par rapport à 2023, avec une contraction supplémentaire attendue en 2026 et 2027, et ce malgré des besoins croissants liés à la persistance des conflits et des chocs climatiques. Compte tenu de la forte dépendance de nombreux pays africains à l’aide au développement, le continent – qui a reçu 73,6 milliards de dollars d’APD en 2023 – figure parmi les régions les plus affectées par cette chute historique. D’après le Center for Global Development, l’Éthiopie (baisse de 1,1 milliard de dollars par rapport à 2023, soit 35%), la République démocratique du Congo (baisse de 814 millions de dollars, soit 41%) et la Somalie (baisse de 671 millions de dollars, soit 37%) devraient figurer parmi les pays les plus touchés par la réduction de l’APD en 2026.
Positionner l’Afrique comme un pilier de stabilité dans un multilatéralisme en crise
Dans un contexte marqué par la multiplication des défis pesant sur le multilatéralisme, l’Afrique a constamment réaffirmé – en particulier lors des sessions successives de l’Assemblée générale – son attachement ferme au système des Nations Unies. Le continent continue de s’appuyer sur l’ONU pour promouvoir la paix et la sécurité, tout en soutenant pleinement la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD). Dans cette période de transition et de recomposition de l’ordre mondial, l’Afrique se positionne comme un pilier de stabilité et entend jouer un rôle constructif dans l’émergence d’un ordre international plus équilibré et plus inclusif.
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