Détails sur les sanctions de la CEDEAO à l’encontre de 150 officiels Maliens: Réaction attendue de Bamako

Afriquinfos Editeur
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Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, lors d'un déplacement à Moscou, le 11 novembre 2021.

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Le Premier ministre de transition malien Choguel Kokalla Maïga et la quasi totalité de son gouvernement figurent parmi environ 150 personnalités visées par des sanctions individuelles infligées récemment par la Cédéao, révèle un document officiel de l’organisation régionale ouest-africaine obtenu mercredi par l’AFP.

Le Premier ministre malien Choguel Maïga le 26 septembre 2021 à New York.

Le colonel Assimi Goïta, président de la Transition et chef de la junte au pouvoir depuis le coup d’Etat du 18 août 2020, en est en revanche absent.

Autre absent notable de cette liste sur laquelle se trouvent 27 ministres en plus du chef du gouvernement: le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop. Aucune explication n’est fournie à leur absence dans le document obtenu par un correspondant de l’Agence France-Presse.

En outre, les 121 membres du Conseil national de la transition, qui fait office d’organe législatif, sont sanctionnés. Les avoirs financiers de tous ceux qui se trouvent sur la liste sont gelés et ils ont l’interdiction de voyager au sein de la Cédéao. Ces sanctions frappent aussi les membres de leur famille.

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Les dirigeants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), réunis en sommet le 7 novembre dernier, avaient décidé d’infliger des sanctions individuelles à ceux qui, après deux coups d’Etat en un an dans le pays plongé dans une crise profonde, retardaient selon eux la tenue d’élections pour un retour des civils au pouvoir.

La Cédéao avait indiqué lors de ce sommet avoir reçu la confirmation officielle de la part des autorités maliennes qu’elles ne seraient pas en capacité d’organiser des élections présidentielle et législatives en février 2022, comme la junte s’y était préalablement engagée.

Le gouvernement malien invoque l’insécurité persistante dans ce pays pauvre et enclavé, livré depuis 2012 aux agissements de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation Etat islamique, et aux violences de toutes sortes perpétrées par des milices autoproclamées d’autodéfense et des bandits. Les forces régulières sont elles-mêmes accusées d’exactions.

Les deux tiers du pays échappent au contrôle des autorités. Dans le document consulté par l’AFP, la Cédéao constate « l’absence de progrès dans la préparation des élections, notamment l’absence d’un calendrier détaillé » en vue de la tenue de ces élections « aux dates convenues ».

Le non-respect de l’échéance est « constitutif de la remise en cause des fondements essentiels » de l’organisation, dit la Cédéao. La Cédéao note que les « incertitudes politiques accrues » au Mali contribuent à la « détérioration de la situation sécuritaire », elle-même de nature à compromettre la stabilité de la région selon elle. Les sanctions de la Cédéao pourraient servir de référence à un certain nombre de partenaires qui soutiennent le Mali dans la crise.

La France, engagée militairement au Mali et au Sahel, plaide pour l’adoption de sanctions européennes dans le sillage de la Cédéao, avait indiqué dimanche dernier la porte-parole de la diplomatie française.