Vital Kamerhe dégagé du Parlement dans l’optique de la présidentielle 2028 et d’une réforme constitutionnelle ?

Afriquinfos Editeur
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Vital Kamerhe, président démissionnaire de l'Assemblée nationale de la RDC (DR, https://www.aa.com.tr/)

Kinshasa (© 2025 Afriquinfos)- Vital Kamerhe a démissionné ce lundi de ses fonctions de Président de l’Assemblée nationale congolaise. Le leader de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), pourtant allié du Président Félix Tshisekedi au sein de l’Union Sacrée, était visé par une pétition déposée par des députés de l’UDPS et d’autres formations, l’accusant de mauvaise gestion et de blocage du contrôle parlementaire. Pour certains observateurs, cette pétition vise à affaiblir un potentiel candidat pour les élections présidentielles prévues en 2028.

 

Vital Kamerhe n’a pas attendu le vote prévu ce lundi après-midi à l’Assemblée nationale pour décider de son sort. Le leader de l’UNC a démissionné de son poste de Président. Dans sa lettre déposée devant le collège des présidents de commission, le désormais ex-président du perchoir écrit notamment : « Cela fait maintenant quelques semaines que notre auguste chambre est propulsée au cœur de l’actualité politique de notre pays. Contre ma volonté, l’attention s’est focalisée sur ma modeste personne. Dans l’exercice de leur liberté d’expression, certains, ici ou à l’extérieur, ont multiplié à mon endroit critiques acerbes et attaques violentes, largement médiatisées. Mais d’autres, nombreux, m’ont témoigné sympathie et soutien sincère. Fort malheureusement, ce débat sur la déchéance éventuelle de quelques membres du bureau de l’Assemblée nationale a fini par occulter les véritables défis prioritaires auxquels notre pays est confronté. Ce sont pourtant ces défis qui cristallisent les attentes du peuple que nous représentons, et qui donnent à notre action toute sa substance patriotique : l’unité et la cohésion nationale, la défense de la souveraineté et l’intégrité territoriale, le progrès économique et social. Voilà ce qui devrait capter toute notre énergie », a fait savoir Vital Kamerhe.

Lui, et l’ensemble des membres du bureau excepté le 1er et 2ème Vice-président étaient sous la menace d’une destitution après le dépôt d’une pétition signée par plus de 200 de l’UDPS et d’autres formations. Les pétitionnaires reprochaient à Vital Kamerhe et à son équipe, une mauvaise gestion, le blocage du contrôle parlementaire ainsi qu’un manque d’alignement sur les priorités du pouvoir.Cette initiative des députés membres d’une même coalition politique que le président de l’Assemblée nationale ne s’explique pas pour certains membres de l’hémicycle. C’est le cas pour Eric Mumbere Bwanapuwa, qui redoute son impact sur l’Union sacrée et sur la direction du pays.

Mumbere Bwanapuwa s’interroge même sur les vraies motivations de cette pétition « Avant-hier c’était la mégestion, aujourd’hui, le détournement. Je ne sais pas réellement quel est le reproche » assure le député qui personnellement dit ne pas voir « dans le cadre de la situation que traverse aujourd’hui la RDC, s’il faut créer encore des troubles au sein de notre plateforme, étant donné que Vital Kamerhe est membre du présidium de l’Union sacrée ». Selon Eric Mumbere Bwanapuwa cela « risque de créer d’autres problèmes ». Se confiant à Deutsche Welle, l’analyste Trésor Kibangula, de l’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, Ebuteli, lui y voit déjà une lutte de pouvoir dans la perspective des scrutins de 2028.  « Fragiliser Kamerhe, c’est réduire son influence et préparer le terrain pour que l’UDPS garde la main sur la succession » précise le chercheur. Selon Trésor Kibangula « si la destitution aboutissait, ça serait plus qu’un changement institutionnel ». Il pense par ailleurs que ce serait « un signal fort. Celui que la bataille pour l’après-Tshisekedi est déjà lancée. Mais une telle issue aurait aussi un coût démocratique et donnerait l’image d’un Parlement absorbé par des luttes de positionnement, au détriment de son rôle essentiel de contrôle et de représentation ».

S.B.