Véron Mosengo-Omba objet de vives critiques sur la fin de son mandat…

Afriquinfos Editeur
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Véron Mosengo-Omba, secrétaire général de la CAF (DR, sportnewsafrica)

Dar-es-Salam (© 2026 Afriquinfos)- Le mandat de Véron Mosengo-Omba, n’aura pas été de tout repos. Déjà empêtré dans une affaire de blanchiment d’argent et de fraude puis relaxé par la justice suisse faute de preuves, c’est désormais la légitimité du Secrétaire général de la CAF qui est contesté par certains membres du Comité exécutif de l’instance. Selon ces derniers, l’avocat suisse-congolais, ne serait plus en position légale pour exercer ses fonctions ni signer des documents.

C’est Samir Sobha, encore lui, qui a allumé la mèche. Le président de la Fédération mauricienne de football, et membre réélu du Comex de la CAF, celui-là même qui avait déjà « présenté des excuses » au Maroc qui selon lui a subi une injustice lors de la finale de la CAN, conteste ouvertement la légitimité du secrétaire général de la CAF, estimant qu’il occupe actuellement son poste « de manière illégale » et doit se retirer.

Pour justifier cette position, Sami Sobha évoque le règlement 130 du manuel du personnel de la CAF fixant l’âge de départ obligatoire à la retraite à 63 ans, avec une seule prolongation possible de trois ans à la discrétion du président ou du secrétaire général. Or, Véron Mosengo-Omba, nommé en mars 2021 à 61 ans, a atteint 63 ans en octobre 2023 et a bénéficié d’une extension accordée par le président de la CAF, Patrice Motsepe, jusqu’au 15 octobre 2025. « Conformément aux statuts, il occupe aujourd’hui ce siège illégalement », déclare Sami Sobha, appelant Motsepe à « rectifier la situation » pour permettre la nomination rapide d’un secrétaire général pleinement légitime. Selon lui, plusieurs présidents de fédérations africaines partagent cette lecture et considèrent que le mandat de Mosengo-Omba est arrivé à son terme. Walid Sadi, président de la Fédération algérienne de football, qui a pris part à la dernière réunion du Comex à distance par visioconférence, est intervenu pour contester la présence de Véron Mosengo-Omba comme secrétaire général alors qu’il a dépassé l’âge limite réglementaire.

Malgré que le Secrétaire général de la CAF était absent à la réunion de Dar es Salaam, officiellement pour une urgence familiale en République démocratique du Congo (un décès), cela n’a pas empêché que son nom soit au cœur de tous les débats. Interpellé par les médias sur le sujet, Patrice Motsepe a répondu que les questions de retraite sont régies par les règles et principes de gouvernance de la CAF. « Nous prendrons la meilleure décision pour la CAF concernant les employés ».

On sait que les deux hommes sont très proches. Pour rappel, suite à un rapport mettant en cause Véron Mosengo-Omba dans une affaire de blanchiment d’argent, la commission d’audit et de conformité de la CAF a préconisé sa suspension à titre provisoire en septembre 2024. Cette requête est restée lettre morte. L’enquête qui visait le Suisso-Congolais, avait débuté le 20 février 2024, après des soupçons de blanchiment d’argent émis par une banque suisse auprès du MROS, le bureau de communication central helvétique en matière de renseignement financier. Ces allégations portaient notamment sur des bonus supposés excessifs perçus par le dirigeant – jusqu’à cinq fois le montant prévu dans le contrat qu’il avait signé avec la CAF en mars 2021 –mais également sur des soupçons de gestion déloyale, fraude et falsification de documents financiers.

Si l’avocat d’origine congolaise également très proche de Gianni Infantino, président de la CAF a pu se sortir de cette affaire, faute de preuve et se maintenir à son poste, ce n’est pas sûr qu’il sorte cette fois-ci du collimateur de Sami Sobha et cie. « Il est assez clivant. Au sein du comité exécutif, certains membres aimeraient qu’il parte, précise un élu sous le couvert de l’anonymat. 

S.B.