La Turquie ne mettra pas en danger ses liens avec l’Égypte

Afriquinfos Editeur Vue
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La Turquie a réagi initialement de manière très vive à la chute de Mohamed Morsi, le premier président démocratiquement élu du pays, tandis que les puissances occidentales et les monarchies du Golfe ont soutenu ce changement.

« Toutefois, nous observons que les paroles sévères exprimées par certains responsables turcs de haut niveau n'ont pas été suivies d'actions politiques, ce qui indique qu'Ankara souhaite maintenir ses relations avec l'Égypte et son gouvernement d'intérim », a déclaré à Xinhua le politologue turc Mesut Cevikalp.

« La Turquie n'a pas retiré son ambassadeur d'Égypte en réaction à ce qu'Ankara a qualifié de 'coup d'Etat militaire' dans le pays. Elle n'a pas non plus suspendu son mécanisme de crédit d'un montant de 2 milliards de dollars », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, en signe d'apaisement des tensions avec l' Égypte, le président turc Abdullah Gul a envoyé la semaine dernière un message de félicitations au président égyptien par intérim Adli Mansour à l'occasion de la fête nationale, un acte interprété comme une reconnaissance implicite du gouvernement provisoire égyptien par la Turquie.

Hasan Koni, professeur en droit à l'université de Kultur, a estimé que le président turc avait, par ce message de félicitations, reconnu la nouvelle administration égyptienne.

Les observateurs locaux ont souligné qu'Ankara avait besoin d' avoir l'Égypte de son côté pour affronter ses problèmes de sécurité alors qu'elle est déjà mise sous pression par le conflit actuel en Syrie voisine et par l'escalade de la crise en Irak.

Ankara redoute également de se trouver marginalisée dans le processus de paix au Moyen-Orient, qui pourrait reprendre un nouvel élan sous l'égide de l'administration américaine, si elle rompt ses liens avec l'Égypte.

« La Turquie a besoin de l'Égypte autant que l'Égypte a besoin de la Turquie dans cette région du monde », conclut M. Cevikalp.