Transition au Mali depuis août 2020: Ping-pong virulent entre Etat et partis autour de la nouvelle omerta sur la vie politique !

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Bamako (© 2024 Afriquinfos)- Les partis politiques du Mali interpellent depuis un moment l’actuel pouvoir de Bamako pour dénoncer l’expiration, le 26 mars dernier, du délai accordé aux militaires pour superviser la transition, et pour exiger le rétablissement de l’ordre constitutionnel. En réaction à cette interpellation, le Gouvernement a annoncé ce 10 avril la suspension « jusqu’à nouvel ordre des activités des partis et des associations à caractère politique ».

Sont suspendues jusqu’à nouvel ordre pour raisons d’ordre public les activités des partis politiques et les activités à caractère politique des associations sur toute l’étendue du territoire national », les accusant de « subversion », indique un décret pris en conseil des ministres par le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta, et lu devant des journalistes par le colonel Abdoulaye Maïga, porte-parole du gouvernement.

Le pouvoir de Bamako a en outre renforcé ses mesures répressives en interdisant aux médias de couvrir les partis politiques. Cette nouvelle répression a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, mais les partis politiques et les personnalités influentes ont été largement réduits au silence. L’ancien Premier ministre Moussa Mara a critiqué cette décision, la qualifiant de « recul majeur » qui ne présage rien de bon pour l’avenir. Le président du parti Codem, Housseini Amion Guindo, a appelé à la désobéissance civile pour renverser le régime qu’il considère comme illégal et illégitime.

La Haute Autorité de la Communication (HAC) a soutenu la décision de la junte en demandant aux médias de cesser de couvrir les activités politiques. Elle n’a pas précisé les conséquences pour les médias en cas de non-respect de cette directive. Il s’agit de nouvelles restrictions à toute expression d’opposition ou de dissidence de la part des colonels qui ont pris le pouvoir par la force en août 2020 en renversant le président civil Ibrahim Boubacar Keïta.

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Elles surviennent alors que les militaires se sont maintenus à la tête du pays au-delà du 26 mars 2024, date à laquelle ils s’étaient engagés, sous la pression de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), à céder la place à des civils élus. Ils n’ont pas non plus organisé de présidentielle en février 2024 comme ils en avaient pris l’engagement.

Le colonel Maïga a justifié la suspension des partis en invoquant un « dialogue » national initié le 31 décembre par le colonel Goïta. Le lancement de ce « dialogue » ainsi que le non-respect de l’échéance du 26 mars ont donné lieu à des « discussions stériles » et des « hypothèses qui n’ont pas lieu d’être« , a dit le colonel Maïga. Récemment 80 partis politiques et organisations de la société civile du pays réclamait dans deux communiqués distincts l’organisation d’une élection présidentielle « dans les meilleurs délais » et la fin de la transition au Mali.

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