Togo/Locales 2025: Victoire d’UNIR lue par partisans et opposants

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Le Parti Unir, Vainqueur des municipales de juillet 2025 (DR-Republique Togolaise)

Lomé (© 2025 Afriquinfos)- Le parti au pouvoir, l’Union pour la République (UNIR) est le grand vainqueur des élections des locales de 2025 du 17 juillet 2025, selon les résultats provisoires publiés par la CENI (Commission électorale nationale indépendante).

 Avec cette razzia électorale, le parti de Faure Gnassingbé gagne 1.150 des 1.527 sièges, soit plus de 75% des conseils municipaux. Un résultat qui, selon les partisans du parti présidentiel, confirme sa suprématie politique et son implantation profonde dans les territoires.

Dans les rangs de l’Opposition, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) n’a obtenu que 51 sièges, suivie de l’Union des forces de changement (UFC) avec 38 élus. L’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI, parti du chef de file de l’Opposition), s’est offert 34 conseillers municipaux.

Du côté des indépendants, le regroupement TOVIA tire son épingle du jeu avec 24 conseillers élus devant le Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD), avec 17 élus. Les résultats confirment une perte d’influence de l’Opposition, un an après sa débâcle surprenante aux législatives de 2024.

Une faible participation qui fait réagir l’opposition

Pour ces élections municipales 2025, les troisièmes de l’histoire du pays, 2,5 millions d’électeurs se sont rendus aux urnes, soit 55% des inscrits, selon des chiffres fournis par la CENI (Commission électorale).

Les dernières municipales remontent à juin 2019, trente-deux ans après celles de 1987, en raison de plusieurs crises politiques. UNIR a remporté plus de 60% des sièges de conseillers municipaux en 2019. Le taux de participation avait alors été estimé à 52,46%, selon la Commission électorale, et était faible à Lomé. Avant 1987, il n’y avait pas eu d’élections municipales au Togo.

Face à ces résultats, l’Alliance des démocrates pour un développement intégral (ADDI) a lui tiré la sonnette d’alarme. Son président, Aimé Gogué, interpelle l’ensemble de l’opposition concernant le fort taux d’abstention qu’il considère comme un message «silencieux mais lourd de sens».

Pour le chef de file de l’Opposition, cette faible participation traduit un désengagement préoccupant des électeurs vis-à-vis de la classe politique, notamment de l’Opposition, à laquelle ils reprochent des divisions et querelles internes. «Ce signal ne doit pas être ignoré. Il nous oblige à repenser collectivement notre stratégie et notre cadre d’action», a-t-il déclaré. «Personne ne peut, seul, vaincre un système aussi enraciné». Il plaide pour une union dans la diversité, appelant à «bannir les invectives, cesser les accusations de trahison, et éviter les divisions qui affaiblissent notre camp».

Face à une majorité présidentielle toujours plus dominante, le président d’ADDI exhorte en outre à dépasser les egos et les rivalités pour construire un front commun. «Nous n’avons plus le luxe de la division. La libération du pays passera par le rassemblement, pas par la fragmentation», a-t-il conclu.

Ces résultats, bien que provisoires, dessinent déjà les grandes lignes d’un échiquier politique en recomposition. La Cour suprême devra encore examiner les éventuels recours pour valider définitivement les chiffres. Mais pour l’heure, une chose est sûre: UNIR garde la main, tandis que de nouvelles dynamiques émergent dans l’Opposition classique.

Conformément à la loi électorale, les candidats ou partis non satisfaits disposent de cinq jours, à compter de la publication des résultats, pour introduire des recours. Cette victoire aux municipales intervient un an après des élections législatives de 2024, au cours desquelles UNIR avait raflé 108 sièges sur 113. Le parti présidentiel est dorénavant installé solidement comme force politique dominante, tant au niveau parlementaire que local.

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