Togo/Changement unilatéral de Constitution: La CEDEAO tourne la page, et appelle les Togolais à garder le cap du dialogue

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Abuja (© 2024 Afriquinfos)- La Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’ouest s’est une fois de plus prononcée sur la nouvelle Constitution adoptée par le Togo en mai 2024. C’était ce 7 juillet, lors de son 65ᵉ Sommet de l’organisation tenu à Abuja, au Nigeria.

 ‘’La Conférence a dit prend note de l’adoption d’une nouvelle Constitution par l’Assemblée nationale Togolaise. Elle félicite le Gouvernement et le peuple pour le bon déroulement des élections législatives et régionales’’, lit-on dans le communiqué final sanctionnant les travaux de la session.

Le bloc ouest-africain encourage par ailleurs les autorités et les parties prenantes togolaises à continuer à privilégier le dialogue en faveur de la cohésion sociale et de l’unité nationale. Le Togo est entré dans une nouvelle ère politique depuis ce 6 mai 2024. Le Président de la République, Faure Gnassingbé, a promulgué la loi portant révision de la Constitution togolaise. Une révision constitutionnelle fortement contestée par l’Opposition et la Société civile, qui dénoncent une modification de la Constitution effectuée sans débat public ni consensus. La nouvelle Constitution a fait passer le Togo d’un régime semi-présidentiel à un régime parlementaire.

Ce changement constitutionnel est mal passé d’autant plus qu’il intervenait à quelques jours des élections législatives, initialement prévues le 20 avril, mais finalement décalées au 29 avril pour donner le temps aux députés de procéder à un nouvel amendement du texte constitutionnel, ainsi que l’avait demandé le Chef de l’État Faure Gnassingbé.

Selon les résultats de ces élections législatives, le parti au pouvoir, l’Union pour la République (Unir), a obtenu une majorité écrasante avec 108 des 113 sièges de l’Assemblée nationale, soit près de 96% des sièges. Les cinq sièges restants ont été partagés entre l’opposition: deux pour l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI) et un pour chacun des partis suivants: l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), et les Forces Démocratiques pour la République (FDR).

Contrairement aux 5 sièges gagnés par 4 formations politiques de l’opposition togolaise aux législatives, ce sont 42 conseillers municipaux qui avaient représenté les partis de l’opposition et les candidats indépendants aux termes des élections régionales.

Sur ces quarante-deux sièges de conseillers régionaux, donc, l’ANC de Jean Pierre Fabre, en a gagné 9.

Le parti ADDI (Alliance des Démocrates pour le développement intégral) qui a obtenu deux députés aux législatives suit immédiatement avec 8 sièges.

Les partis BATIR et l’Union des Forces de Changement ont obtenu, chacun, 5 sièges de conseillers régionaux.

Le parti Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) s’en est sorti, pour sa part, avec 4 conseillers régionaux. Il est suivi du Front Démocratique pour le Renouveau (FDR) et du Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR) qui n’ont respectivement pu obtenir que 3 et 2 sièges de conseillers régionaux.

Enfin, viennent le Nouvel Engagement Togolais (NET), le Parti Démocratique Panafricain (PDP), le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), la liste des indépendant « la Voix des sans voix » (VSV), « Le Nouveau départ » et une liste dénommée « HP » qui ont eu chacun, 1 siège de conseiller régional.

Vignikpo Akpéné