Soudan du Sud: Pas d’embargo sur les armes, toujours une paix générale précaire

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Le conflit entre les deux Soudan

Juba (Afriquinfos 2016) – Sept (07) voix favorables et huit (08) abstentions. C’est le score  à l’issue  du vote  des 15 membres du Conseil de sécurité portant sur l’embargo sur les armes au Soudan du Sud. La résolution visait également des sanctions contre certains dirigeants du pays; mais elle a été rejetée.

 

Ce vendredi 23 décembre 2016, lors du vote, la Russie, la Chine, le Japon, la Malaisie, le Venezuela et trois pays africains (Angola, Egypte, Sénégal) se sont abstenus. Ils sont trop nombreux, les pays qui soutiennent la proposition américaine qui vise à décréter un embargo sur les armes dans ce pays en proie à une guerre civile depuis 2013.

Car, selon les dispositions du Conseil de sécurité, pour être adoptée, une résolution doit obtenir les voix d’au moins neuf (09) membres du Conseil de sécurité et sans veto. «Le Japon estime qu’il serait contre-productif d’introduire des sanctions supplémentaires au moment où le Gouvernement de transition fait des avancées positives», a défendu l’ambassadeur japonais Koro Bessho.

A l’instar du Japon, les pays qui se sont abstenus ont motivé leur choix par le fait qu’il faut plus tôt soutenir le dialogue national lancé par Salva Kiir, le président sud-soudanais. Mais cet argument n’a pas convaincu les organisations non-gouvernementales qui ont dénoncé le rejet de la résolution.  «Le Conseil de sécurité avait l’occasion de montrer qu’il soutient les victimes civiles de ce conflit (…) Au contraire, cet échec donne le feu vert aux belligérants au Soudan du Sud pour acheter plus d’armes et de matériel qui finira par être utilisé contre des civils», a dénoncé Akshaya Kumar, membre de Human Rights Watch.

Pour Samantha Power, ambassadrice américaine auprès de l’ONU, «cela n’aurait pas dû être une résolution controversée». Très amère, elle a déclaré que «l’histoire jugera leur décision (allusion faite aux pays qui se sont abstenus, Ndlr). En réalité, c’est un coup dur pour les Etats-Unis qui perçoivent ce vote comme un échec de leur politique au Soudan du Sud.  En 2011, ils avaient soutenu l’indépendance de ce pays. Mais, deux (02) ans après, les atrocités commises (des dizaines de milliers de morts et plus de trois millions de déplacés), les obligent à recourir à l’embargo.

Le Soudan du Sud préoccupe plus d’un

La France, fidèle ami des Etats-Unis,  n’a pas caché sa déception. Elle a regretté que son allié n’ait pas introduit cette résolution beaucoup plus tôt. «Nous regrettons que cette mesure n’ait pas été proposée plus tôt, à des moments où elle aurait pu bénéficier d’un large soutien au sein du Conseil», a déclaré François Delattre, ambassadeur français auprès des Nations unies.

A part l’embargo sur les armes, la résolution prévoyait des sanctions contre Riek Machar, le chef des rebelles, Paul Malong, le chef de l’armée et Michel Makuei, le ministre de l’Information. Leurs avoirs auraient déjà été gelés, et ils seraient mêmes sous la menace d’interdiction de voyage. C’était le 15 décembre 2013 que le conflit a recommencé  entre deux unités rivales de l’armée, dans ce pays.

Elle est divisée par des antagonismes politico-ethniques, avec en toile de fond la rivalité entre Salva Kiir et Riek Machar, ancien Vice-président.

Anani  GALLEY