Sénégal : Une icône de la Grammaire française, Oumar Sankharé, portée en terre

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Le professeur Oumar Sankharé était l’un des hommes les plus respectés au Sénégal. Une haute distinction dû à sa noble position dan le monde littéraire: le seul africain Agrégé de grammaire après Léopold Sedar Senghor, Académicien et ancien président du Sénégal.

«J’ai toujours voulu marcher sur les traces de Senghor. Quand j’étais petit, je prenais un carnet et je notais les mots difficiles lorsqu’il s’exprimait», témoignait Oumar Sankharé dans une interview. Il n’hésitera donc pas à marcher sur les traces de son mentor après avoir décroché son Bac à 19 ans. En 1980, il obtient un Doctorat de 3e cycle à la Faculté de Lettres de Dakar, suivie en 1983, de l’Agrégation de Lettres classiques à Paris. En 2011, il a reçu le titre honorifique de “Seul Africain Agrégé de Grammaire” vivant après Senghor. «Le Pr Oumar Sankharé était un grand universitaire, un poète, un homme humble qui a produit une œuvre considérable », estime le philosophe Hamidou Dia, ami du défunt  qui s’est dit profondément peiné par cette perte.

Cumulant plus de 30 ans d’enseignement à l’Université de Dakar, l’homme a écrit plusieurs œuvres de référence, notamment «La nuit et le jour»,«Y   oussou N’diour, le poète», «Notes sur éthiopiques de Léopold Sedar Senghor» qui lui ont valu le renommée de grand critique littéraire. Mais son œuvre, «Le coran et la culture grecque» publiée en 2014 viendra dégrader son image au Sénégal.

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Cette publication qui mettait en exergue les similitudes entre le Coran et la culture grecque avait valu à son auteur de nombreuses critiques particulièrement des dignitaires religieux, l’accusant de porter atteinte au livre saint et au prophète Mahomet. «Ce que je dis, c'est que ce qui se trouve dans le Coran, on le trouve déjà dans d'autres livres», s’était défendu l’auteur. Mais  l’indignation populaire a finalement eu raison de lui.Il finira par publier quelques mois plus tard un communiqué d’excuses pour «demander pardon aux musulmans affectés dans leur foi, ainsi qu’a sa famille incommodés par sa publication».

«Au Sénégal, celui qui s’attaque au Coran commet une erreur monumentale qu’il pourrait regretter toute sa vie», commente le célèbre prêcheur de la radio sénégalaise «Sud FM Oustaz Fall», l’une des personnes indignées par l’ouvrage. C’est sans doute l’erreur monumentale qu’à commise le professeur en publiant ce dernier ouvrage. Car la polémique suscitée par cette publication l’aurait beaucoup affecté selon ses proches et l’aurait poussé à un retranchement inexplicable.

Le Pr Sankharé était gravement malade, et il avait fallu l'intervention de bonnes volontés, pour permettre son évacuation. Cet homme littéraire qui a marqué les esprits repose désormais au cimetière Madoki, à Thies, sa ville située à environ 70 km de l’est de Dakar. Il a été accompagné jusqu’à sa dernière demeure ce 27 octobre par une grande foule composée d’universitaires, d’hommes du monde des Lettres et de la Culture et de ses étudiants pour qui il a engagé toute sa vie au service du savoir.

 Larissa AGBENOU