Sécuritaire sanitaire post Hajj 2024 en Afrique: S’inspirer de la vigilance du Sénégal

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Vue aérienne de pèlerins musulmans arrivant pour le rituel symbolique de la "lapidation de Satan" lors du pèlerinage du hajj à Mina, près de La Mecque, le 16 juin 2024 en Arabie saoudite.

Les autorités sénégalaises ont mis en place des tests de dépistage volontaire de la Covid-19 et réimposé le port du masque à l’aéroport international à l’arrivée des pèlerins, après la mort de nombreux fidèles à La Mecque, ont-elles indiqué lundi 24 juin.

Des secouristes transportent un pèlerin affecté par la chaleur, à Mina, en Arabie saoudite, le 16 juin 2024.

Les autorités soupçonnent qu’un certain nombre de décès ont pour cause une maladie à syndrome respiratoire comme la Covid-19, a dit le ministre de la Santé Ibrahima Sy dimanche 25 juin 2024 lors d’une visite à l’aéroport international de Diamniadio. Le ministre a invoqué les décès survenus à La Mecque. « Au départ, on avait pensé que c’était lié à des vagues de chaleur parce que la température était excessivement élevée, mais on s’est rendu compte qu’il y a un syndrome respiratoire avec les cas de décès », a-t-il dit selon un enregistrement de ses propos diffusé par les médias.

« On s’est dit que, probablement, il y a une épidémie de type respiratoire », a-t-il ajouté. Le ministère de la Santé a indiqué dans un communiqué publié dans la soirée du 26 juin avoir « renforcé le dispositif de surveillance sanitaire aux frontières » aériennes en déployant à l’aéroport une équipe chargée de proposer des tests de dépistage volontaire et d’identifier les pèlerins présentant des syndromes grippaux. Sur 124 tests de diagnostic rapide, 78 ont été positifs au virus de la Covid-19, dont 36 ensuite confirmés par tests PCR, technique de référence pour la détection de l’infection, a dit le ministère.

Des agents de santé installent un scanner thermique pour contrôler les passagers à l’arrivée à l’aéroport international Blaise Diagne de Dakar, le 30 janvier 2020.

« Il y a pas à s’alarmer, mais il y a aussi à faire de la prévention », a dit le ministre dimanche 23 juin. L’Arabie saoudite a indiqué dimanche que 1.301 personnes étaient décédées lors du hajj. L’agence de presse officielle SPA a invoqué le fait que de nombreux fidèles avaient entrepris le grand pèlerinage musulman annuel sans autorisation, et parcouru de longues distances par des chaleurs caniculaires et sans accompagnement approprié.

– Endémique –

Le quotidien l’Observateur a fait état de cinq morts parmi les pèlerins sénégalais. Quelque 12.000 Sénégalais ont été officiellement enregistrés pour faire le hajj. Leur retour s’échelonne entre la fin de la semaine écoulée et fin juin ou début juillet 2024. Le Sénégal avait appliqué des contrôles stricts à l’aéroport international contre la Covid-19 après le début de la pandémie il y a quatre ans. Ces mesures ont été levées.

Depuis la fin de semaine dernière, le port du masque est imposé à l’embarquement des pèlerins, pendant le vol et après l’atterrissage jusqu’à la collecte des bagages, a dit à l’AFP Tidiane Tamba, responsable des relations publiques de l’aéroport. C’est valable pour les passagers voyageant à bord des appareils spécialement affrétés pour le hajj, mais aussi pour les voyageurs en provenance d’Arabie saoudite par les vols réguliers, a-t-il dit.

L’aérogare réservé au pèlerinage est désinfecté après les arrivées, a-t-il dit. Le ministère « appelle la population à la vigilance ». Il préconise que les Sénégalais proches de personnes contaminées renoncent aux fêtes auxquelles donne traditionnellement lieu le retour de pèlerinage de l’un d’eux.

Charles Bernard Sagna, médecin-chef du service de contrôle sanitaire de l’aéroport, a expliqué à l’AFP que l’alerte avait été donnée quand l’équipe médicale sénégalaise basée à Djeddah avait fait remonter « un nombre significatif d’affections respiratoires ». « Depuis la fin (de l’urgence sanitaire internationale), la Covid-19 reste à l’état endémique au Sénégal, à basse intensité. Notre souci, c’est d’éviter la reprise », a-t-il dit.

Son confrère Abdoulaye Bousso, qui dirigea les opérations d’urgence face à la Covid-19, a invité à garder la tête froide. « Evitons de créer une crise qui n’existe pas ! Attention à la stigmatisation des pèlerins ! », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. « Chaque année après le hajj, des centaines de personnes rentrent de La Mecque avec des syndromes respiratoires. Aussi des centaines de personnes y meurent-elles chaque année. Ce sera encore le cas pour les prochaines années », a-t-il dit en soulignant la nécessité du dépistage et de la sensibilisation.

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