Au moins 15 chauffeurs ont été tués le 29 janvier dernier dans une attaque attribuée à des jihadistes contre un convoi qui transportait du carburant dans l’ouest du Mali, et dans laquelle des dizaines de camions-citernes ont été détruits, a appris l’AFP ce 02 février auprès de sources locales et sécuritaire.
Depuis le mois de septembre 2025, les jihadistes du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda) ont imposé un blocus sur plusieurs villes maliennes et attaqué régulièrement ces convois, asphyxiant l’économie du pays et sa capitale. Cette attaque, qui a eu lieu sur l’axe menant de la frontière sénégalaise à la grande ville malienne de Kayes (ouest), marque une nouvelle intensification des offensives de ce type au Mali après plusieurs semaines d’accalmie.
« Les combattants du JNIM les ont arrêtés avant de les exécuter à bout portant, les yeux bandés », a déclaré ce 02 février à l’AFP une source sécuritaire s’exprimant sous couvert d’anonymat, qui recense 18 victimes. « Nous avons dénombré 15 corps de chauffeurs sur le terrain. Ces corps avaient été abandonnés sur le terrain à côté des citernes calcinées », a dit à l’AFP un animateur d’une radio locale, rapportant le témoignage d’un responsable du village voisin. Selon lui, « les odeurs de putréfaction des corps ont amené les villageois à aller voir », avant de les « inhumer sur place ».
C’est la première fois que les jihadistes tuent systématiquement les chauffeurs de camion, même si certains avaient péri lors de précédentes attaques. En novembre dernier, après plusieurs semaines d’attaques contre des convois, le JNIM avait affirmé dans une vidéo de propagande que désormais tous les chauffeurs de camions-citernes seraient considérés comme des « cibles militaires ».
Dans un communiqué consulté par l’AFP, le JNIM a annoncé avoir tendu le 29 janvier dernier une embuscade à l’Armée malienne entre Diboli (localité située à la frontière sénégalaise) et Kayes, sans mentionner l’attaque des camions-citernes. Lors d’une réunion ce 1er février avec les autorités maliennes, des chauffeurs routiers ont réclamé que l’Armée aille récupérer les corps.
« Nous avons essayé de récupérer les corps, mais ils nous en ont empêchés », a indiqué à l’AFP un membre du Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali. Cet axe menant vers le Sénégal à l’ouest était généralement épargné par ce type d’attaques, les convois de carburant venant essentiellement de la Côte d’Ivoire, au sud. Selon une source sécuritaire, les escortes militaires des camions-citernes avaient été suspendues depuis quelques mois sur cet axe Sénégal-Mali, se concentrant sur l’axe venant de Côte d’Ivoire.
Le Mali dans le collimateur des attaques djihadistes
Un convoi de plusieurs dizaines de camions-citernes a été incendié ce 29 janvier au Mali lors d’une attaque attribuée aux jihadistes du JNIM, dans laquelle plusieurs militaires et assaillants ont été tués, selon des responsables locaux, marquant une nouvelle intensification des offensives de ce type après plusieurs semaines d’accalmie.
Le Mali, pays enclavé dépendant d’importations par la route, a récemment fait face à de graves pénuries de carburant pendant plusieurs semaines, en raison d’attaques jihadistes sur les convois de camions-citernes le ravitaillant. Depuis le mois de septembre 2025, les jihadistes du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda) ont imposé un blocus sur plusieurs villes maliennes et attaqué régulièrement ces convois. Asphyxiant l’économie du pays jusqu’à sa capitale.
Mais l’approvisionnement en carburant s’était nettement amélioré à Bamako depuis le mois de décembre 2025, permettant à l’économie de reprendre son souffle. Les attaques contre les convois de carburant avaient aussi baissé en intensité ces dernières semaines, la dernière d’ampleur datant de début décembre 2025. L’attaque de jeudi a eu lieu sur l’axe menant de la frontière sénégalaise à la grande ville malienne de Kayes (ouest), selon des sources locales, dont plusieurs font état de « dizaines » de camions détruits.
« Ça s’est passé entre Diboli (localité située à la frontière sénégalaise) et Kayes. Trois militaires maliens ont été tués et quatre assaillants tués », a précisé à l’AFP un élu local. De son côté, un enseignant vivant dans la zone a évalué à « des dizaines » le nombre de camions incendiés. « C’est un coup dur pour nous, mais ça n’impacte pas la distribution ni la disponibilité. Nous avons un stock important », a commenté auprès de l’AFP un responsable de l’Office malien des produits pétroliers, s’exprimant sous couvert d’anonymat.
Un responsable du bureau des douanes de Kayes a également confirmé à l’AFP cette attaque, ajoutant qu’une évaluation du nombre de camions impactés était en cours et évoquant lui aussi le chiffre de plusieurs dizaines. « Quand nous avons appris l’attaque, nous avons lancé un appel pour dire aux conducteurs de s’arrêter à Kidira (dernière grande ville sénégalaise avant le Mali) en attendant que la situation se décante », a expliqué vendredi à l’AFP Modou Kayeré, un responsable sénégalais et ouest-africain des transporteurs.
« L’alerte n’est pas encore levée. Elle le sera quand la sécurité sera de mise. Mais nous avons appris que des chauffeurs ont déjà repris la route », a-t-il ajouté.
– Embuscade –
Dans un communiqué consulté par l’AFP, le JNIM a annoncé avoir tendu jeudi une embuscade à l’Armée malienne entre Diboli et Kayes, sans mentionner l’attaque des camions-citernes. Cet axe menant vers le Sénégal à l’ouest était généralement épargné par ce type d’attaques, les convois de carburant venant essentiellement de la Côte d’Ivoire au sud. Selon une source sécuritaire, les escortes militaires des camions-citernes avaient été suspendues depuis quelques mois sur cet axe Sénégal-Mali, se concentrant sur l’axe venant de Côte d’Ivoire.
« Les autorités pensaient avoir eu un contrôle total dans la chaîne d’approvisionnement avec le nouveau plan de convoyage. Elles voulaient constituer un maximum de stocks avant le mois de ramadan » qui débutera mi-février, a déclaré à l’AFP cette source. Au plus fort de la crise en octobre 2025, la capitale malienne s’était habituée à d’interminables files d’attente aux stations-services et toute l’économie tournait au ralenti. Des escortes de l’Armée et de paramilitaires russes de l’Africa Corps, avec surveillance aérienne, avaient permis l’arrivée de convois de carburant en novembre 2025 dans la capitale, entraînant une accalmie de la pénurie.
Le Gouvernement malien a également signé un accord avec les importateurs de produits pétroliers pour accélérer les procédures douanières et administratives. Les autorités maliennes avaient largement relayé en novembre 2025 l’arrivée depuis le Niger de 82 citernes escortés par l’Armée nigérienne, pays allié pouvoir à Bamako au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), aux côtés du Burkina Faso.
Dans le reste du Mali, l’approvisionnement en carburant s’est également amélioré ces dernières semaines, après des mois de pénurie parfois totale dans certaines localités.
© Afriquinfos & Agence France-Presse



