USA: Des compensations financières de nouveau envisagées pour réparer les corollaires de l’esclavage entre le 17e et le 19è siècle

Washington (© 2021 Afriquinfos)- C’est une idée qui fait son bonhomme de chemin depuis des siècles. Elle a été remise à l’ordre du jour aux Etats-Unis suite au mouvement ‘Black Lives Matter’. L’argument principal est que les descendants de ceux qui ont été soumis à l’esclavage devraient recevoir une compensation financière pour les dommages subis par leurs aïeux via le travail forcé.

Les partisans des réparations de l’esclavage ont repris du poil de la bête depuis que le mouvement contre les inégalités raciales a été relancé suite à la mort de George Floyd le 25 mai 2020. Il faut dire que ce débat prévaut aux USA depuis belle lurette où la question des réparations a été débattue au Congrès dès 1865, et plus récemment en 2019, et où il y a eu aussi des cas isolés de dédommagement de descendants d’esclaves. Les militants ont mis l’accent sur les victimes de la traite transatlantique des esclaves. C’est-à-dire l’asservissement et la traite vers les Amériques de quelque 11 millions d’hommes, de femmes et d’enfants africains entre le XVIe et le XIXe siècle. L’un des arguments avancés par le mouvement de réparation est que l’impact de ce racisme et de cette ségrégation s’est traduit par des disparités persistantes et une inégalité économique qui doivent être rééquilibrées.

Aux États-Unis, les ménages blancs sont en moyenne dix fois plus riches que les ménages noirs, et cet écart se reflète également dans de nombreux autres indicateurs tels que l’accession à la propriété et l’accès à l’enseignement supérieur.

Mais les questions qui reviennent souvent sont : à combien chiffre-t-on ces réparations et qui doit les payer, face à une facture de 777.000 milliards de dollars demandés par les nations africaines en 1999 (coexiste avec des évaluations plus modestes de 10.000 milliards de dollars qui seront répartis entre les 30 millions de descendants d’esclaves traçables) ? Pour «le qui va payer ?», le gouvernement américain est indexé mais des appels ont été lancés aux entreprises, aux institutions et aux familles qui possédaient des esclaves pour qu’elles versent des compensations.

Juridisme et vérité historique

Pour étayer leurs revendications, les partisans des réparations font cas des initiatives similaires qui ont déjà eu lieu. Certaines institutions aux États-Unis et au Royaume-Uni ont déjà lancé leurs propres programmes pour indemniser certaines victimes de l’esclavage. Un cas célèbre est la décision de l’université de Georgetown de créer un fonds de 400.000 dollars par an pour les descendants d’un groupe de 272 esclaves que l’institution a vendus en 1838 afin d’équilibrer les comptes. Au Royaume-Uni, l’université de Glasgow a annoncé en 2019 qu’elle allait dépenser environ 25 millions de dollars en réparations pour compenser d’une manière ou d’une autre les dons qu’elle avait reçus des propriétaires d’esclaves aux XVIIIe et XIXe siècles. Autant d’exemples qui redonnent espoirs aux partisans de la réparation.

Boniface T.

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