Elections de mi-mandat aux USA: Une première Gouverneure noire aux commandes d’un Etat fédéré?

La démocrate Stacey Abrams est opposée au républicain Brian Kemp pour les midterms. Ce lundi soir à Atlanta, à la veille de la journée des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, l’Afro-Américaine d’origine modeste n’a pas eu de mal à galvaniser les bénévoles noirs, blancs, jeunes, vieux, rassemblés pour une session de « go to vote » (« allez voter »). « Vous devez chacun me trouver cinq électeurs ! », a-t-elle lancé, bras tendus, doigts écartés, faisant lever une forêt de mains dans un chaleureux brouhaha.

« Vous méritez de pouvoir vivre de votre salaire dans l’Etat de Géorgie ! » « J’ai déjà envoyé des tonnes de SMS », explique une jeune femme noire en sweat-shirt qui préfère rester anonyme. « Il suffit de s’inscrire pour avoir accès à une base de données avec des milliers de contacts, et à un répertoire pour répondre aux questions pratiques que les gens nous posent », poursuit-elle. Sur son petit écran, un inconnu lui a écrit qu’il aimerait voter, mais qu’« il ne se sent pas très bien ». Elle lui remonte le moral.

C’est la première fois qu’elle participe à un go to vote. Est-ce pour barrer la route à l’épouvantail Donald Trump ? « Non, l’enjeu c’est le Congrès. Si on élit un président mais qu’on ne lui donne pas une majorité pour conduire sa politique, ça ne sert à rien », assure la militante.

Tout le monde aux Etats-Unis se souvient que le 5 janvier 2021, la majorité a basculé du côté du nouveau président lorsque la Géorgie a élu deux sénateurs démocrates au terme d’un scrutin très serré, Raphaël Warnock et Jon Ossoff. Un vrai choc dans cet Etat où l’électorat blanc, rural, évangéliste vote massivement « rouge », conservateur. Mais en Géorgie, il y a aussi un tiers de population noire. Cette minorité vote démocrate à 85 %… quand elle vote. La baisse historique de l’abstention en 2020 a contribué à la vague « bleue », démocrate.

Cette année, le scénario électoral pourrait se répéter, sans que l’on puisse préjuger de l’issue. La course pour le Sénat se joue à nouveau sur le fil ; or, parmi les Etats tangents, la Géorgie a une forte probabilité d’être la dernière à abattre ses cartes. La présence d’un troisième candidat, un libertarien, laisse en effet augurer d’un second tour pour départager le démocrate Raphaël Warnock et le républicain Herschel Walker, si personne n’a obtenu 50 % des voix au premier tour.

Largement favori cette année face à Stacey Abrams, Brian Kemp n’a pas fait campagne avec Donald Trump, et il n’a pas contesté la victoire de Joe Biden en 2020. Pour être populaire, il lui suffit de taper à bras raccourcis sur l’administration Biden : « une inflation au plus haut depuis quarante ans », « la politique énergétique », « le désastre à la frontière », a-t-il résumé lundi matin. Chemise à carreaux déboutonnée et regard bleu perçant, le candidat tenait une conférence de presse-éclair à l’aéroport du comté de Fulton, dans le vrombissement des moteurs de jets privés.

Des arguments qui touchent en plein dans le mille en Géorgie, où l’inflation atteint 12 %, et même 20 % pour le logement. Le taux d’épargne des ménages est tombé à 3 % contre 7 % avant le Covid. Au plus bas depuis 2008, il témoigne d’un appauvrissement des Géorgiens, dû à des salaires qui croissent deux fois moins vite que les prix.

V.A.

 

 

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