Plus de 30 personnes ont été tuées ce 06 mai dans deux attaques, revendiquées par les jihadistes du JNIM, contre deux localités du centre du Mali.
« C’est une tragédie. Le bilan est de plus de 35 morts, dont 25 dans la localité de Kori Kori et 10 à Gomossogou. Il s’agit d’attaques quasi simultanées », a affirmé à l’AFP un responsable local de la jeunesse, qui a préféré garder l’anonymat pour raisons de sécurité. Deux sources, sécuritaire et administrative, ont chacune communiqué à l’AFP un bilan de plus de 30 morts.
Wamaps, un collectif de journalistes ouest‑africains spécialisés dans les questions sécuritaires au Sahel, a établi un « bilan provisoire » de « plus de 50 villageois » tués et d’autres « encore portés disparus ». Ce 07 mai, l’Armée malienne a dit de son côté avoir mené « une opération ciblée contre les groupes armés terroristes » dans la zone, qui a « permis de neutraliser (tuer) une dizaine de terroristes », dans un communiqué qui ne donne pas plus de détails.
Les attaques de ce 06 mai ont été revendiquées ce 07 mai par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), qui dit avoir visé des miliciens progouvernementaux. Dans un communiqué publié ce 07 mai, le gouverneur de la région de Bandiagara (centre), le colonel-major Olivier Diassana, a « condamné avec la plus grande fermeté ces actes ignobles et inhumains ». « L’attaque a été perpétrée en représailles à des actes commis par la milice Dan Nan Ambassagou. Les victimes sont majoritairement des miliciens. Mais il y a également des adolescents et des enfants », a expliqué à l’AFP la source sécuritaire.
En réponse à la prolifération des violences dans le centre du Mali, des groupes proclamés d’autodéfense se sont constitués, dont le plus connu est Dan Nan Ambassagou. Cette milice, composée majoritairement de chasseurs traditionnels dogons, avait été dissoute par les autorités après avoir été accusée d’avoir commis un massacre dans un village du centre du pays, Ogossagou (160 morts en mars 2019).
– Villages « pillés » et « incendiés » –
Selon Wamaps, lors des attaques de ce 06 mai, des « villages ont été pillés et certaines concessions ont été incendiées ». « Outre ce lourd bilan humain, les assaillants ont perpétré d’importantes destructions matérielles, incendiant des habitations et des céréales appartenant aux populations », a précisé à l’AFP une source au gouvernorat de Bandiagara.
Cette nouvelle tuerie survient après la vaste offensive coordonnée menée les 25 et 26 avril par le JNIM, allié à Al-Qaïda, et la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA), à dominante touareg, contre des positions stratégiques dans plusieurs localités – jusqu’en périphérie de la capitale Bamako, à Kati, fief du régime, où le ministre de la Défense Sadio Camara, 47 ans, a été tué dans un attentat-suicide.
Ces attaques avaient fait au moins 23 morts, selon une source hospitalière. Le pouvoir Goïta souligne avoir tué « au moins 200 djihadistes durant sa contre-offensive ». Quant au centre du Mali, il a lui aussi été le théâtre de violences meurtrières ces dernières années. Après la tuerie de mars 2019, Ogossagou a connu un autre massacre en février 2020, au cours duquel une trentaine de Peuls ont été tués.
Puis l’ONU a accusé dans un Rapport l’Armée malienne et des combattants « étrangers », soupçonnés d’être des paramilitaires russes, d’avoir exécuté en mars 2022 au moins 500 personnes lors d’une opération anti-jihadiste à Moura, également dans le centre du pays, ce qu’a réfuté la Transition malienne. En juin 2022, plus de 130 civils avaient aussi été tués à Diallassagou, toujours dans le centre, lors d’attaques attribuées au JNIM.
Le Mali est confronté depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire, nourrie notamment par les violences de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique (EI), mais aussi par les attaques des indépendantistes touaregs et de groupes criminels communautaires.
Les jihadistes du JNIM ont appelé le 30 avril 2026 à un large « front commun » pour « mettre fin à la junte » au pouvoir, en vue d' »une transition pacifique et inclusive » au Mali, dirigé depuis 2020 par des militaires après un double coup d’État.



