Quatre mois après l’incendie du marché central de Bujumbura, la relance peine à démarrer

Afriquinfos Editeur
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C’est aux bords des avenues, des boulevards que certaines femmes anciennes locataires du ’’Grenier du Burundi’’, la zone réservée où les fruits de toute sorte, ont trouvé refuge. Elles essayent de gagner la vie ainsi. D’autres faisant le commerce de petits articles divers comme des habits d’enfants, de l’huile de cuisine, du savon,…  se sont jointes à elles. Ils doivent soit jouer au chat et à la souris avec les policiers ou résister à leurs intimidations et sommations de vider les lieux : « Où voulez-vous qu’on aille? Hors de nous toute idée de devenir des prostituées ou des voleuses », lancent quelques femmes avec un air déterminé à un policier que leur demande de déguerpir.

Sur les parkings, la vie reprend petit à petit le rythme. Aux heures de pointe, le mouvement devient très intense. Pour les anciens commerçants, certains se sont déplacés vers d’autres marchés alors que d’autres ont installé leurs stands dans des galeries installées à la va-vite au centre ville par opportunisme.  Malgré les difficultés, ils se battent contre vents et marais pour se réinstaller : « Je me suis arrangé pour mettre ce petit kiosque. Mais, c’est très difficile, on n’a pas d’autres choix : les clients viennent au compte goutte »,indique un ancien locataire du marché central de Bujumbura, rencontré dans son nouveau stand de la Galerie ’’Yes’’.

A part l’agence de la  banque ’’BGF’’ (La Banque de gestion et de financement) qui se trouvait à la sortie du marché central, toutes les autres agences bancaires travaillent normalement même si la fréquence des clients a sensiblement diminué. C’est le même cas pour différents restaurants et cybercafés  qui essaient de s’adapter aux nouvelles conditions de travail.

Cependant, malgré cette timide reprise, il y en a qui ont sombré dans le pessimisme. Il s’agit des portefaix et d’autres débrouillards vivant au jour le jour grâce au marché central de Bujumbura : « Rien ne sera plus comme avant. On a reculé une fois pour toutes », se lamentait un ancien portefaix assis devant un magasin, scrutant l’arrivée des gros camions des grossistes. Il ajoute qu’il vient de passer  une demi-journée sans avoir au moins 1.000 Fbu. Et Bosco, son ami d’ajouter que la vie est devenue très difficile.

Sur le parking du nord, Annabelle, une mendiante trouve difficilement de mots pour décrire son calvaire : « Avant l’incendie du marché de Bujumbura, je pouvais rentrer avec 5.000Fbu mais les choses ont changé. Les bienfaiteurs sont devenus aussi pauvres et d’autres on ne sait où ils sont partis. Aujourd’hui, il est difficile de totaliser 1.000 Fbu ».

Signalons que ce marché constituait presque le poumon économique du pays. Quatre mois après, un autre marché provisoire est encore en construction.