Une trentaine de personnes, majoritairement des militaires, ont été écrouées ce 15 décembre au Bénin, après avoir été arrêtées en lien avec la tentative de coup d’Etat déjouée début décembre, tandis que plusieurs mutins sont toujours en fuite.
Le 7 décembre, des militaires affirmaient à la Télévision nationale avoir destitué le Président Patrice Talon. Le putsch a finalement été déjoué le même jour, par l’Armée béninoise qui a ensuite reçu l’appui du Nigeria voisin, de la Côte d’Ivoire et de la France. Plusieurs personnes sont mortes et des mutins, dont leur leader, le lieutenant-colonel Pascal Tigri, sont toujours en fuite.

Une trentaine de personnes ont été présentées ce 15 décembre au procureur spécial de la CRIET (Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme) à Cotonou, puis ont été placées sous mandat de dépôt ce 16 décembre à l’issue de leur audition, ont indiqué des sources judiciaires. Elles sont poursuivies pour « trahison« , « assassinat » et « attentat à la sûreté de l’État« , indiquent les mêmes sources. Un fort déploiement sécuritaire était visible lundi et mardi aux abords du tribunal, a constaté l’AFP.
Ce 12 décembre, le Bénin a également émis un mandat d’arrêt international contre l’influenceur panafricaniste et anti-occidental Kemi Seba pour son soutien présumé à la tentative de putsch. Hors du Bénin, il est poursuivi pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’Etat et incitation à la rébellion« . « Nous irons au bout de ce combat », avait-il réagi sur ses réseaux.
– Interpellations en série d’opposants –
Par ailleurs, plusieurs personnalités de l’Opposition ont été interpellées ces derniers jours. Chabi Yayi, fils de l’ancien Président et désormais opposant Thomas Boni Yayi, a été interpellé ce 14 décembre à son domicile, qui avait été perquisitionné, selon l’un de ses collaborateurs. Il est membre du parti d’opposition présidé par son père, Les Démocrates.
Chabi Yayi a été remis en liberté ce 15 décembre après son audition par la Police judiciaire, mais reste poursuivi lui aussi en lien avec la tentative de coup d’Etat, pour des motifs inconnus. Sa garde à vue a été levée et il est libre de ses mouvements, ont précisé à l’AFP plusieurs de ses proches joints par téléphone ce 16 décembre. Mais il est attendu de nouveau dans les locaux de la Police judiciaire, selon des sources judiciaires. L’ancien ministre béninois de la Défense et importante figure politique de l’opposition, Candide Azannaï, a lui été interpellé ce 12 décembre. On ignore si son arrestation est liée à la tentative de coup d’État. Il avait condamné la tentative de putsch, mais dénonçait également une « instrumentalisation » des événements « à des fins de confiscation du pouvoir ».
La Cour d’appel de Cotonou a confirmé par ailleurs ce 15 décembre la condamnation à deux ans de prison de Steve Amoussou, cyberactiviste accusé de tenir un compte social très critique du pouvoir.
© Afriquinfos & Agence France-Presse



