Bénin/Traque féroce des auteurs du putsch du 7 décembre: Point complet des personnes interpellées

Afriquinfos Editeur
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Bénin/Traque féroce des auteurs du putsch du 7 décembre: Point complet des personnes interpellées
Le Président Patrice Talon (DR).

Cotonou (© 2025 Afriquinfos)- Une semaine après le putsch manqué du lieutenant-colonel Pascal Tigri, la police procède à des arrestations d’hommes politiques à Cotonou, la capitale. Parmi eux, figurent Chabi Yayi, le fils de l’ancien Président du pays, et l’ancien ministre de la Défense, Candide Azannaï. Les raisons de leur arrestation ne sont pas encore communiquées par les autorités.

A Cotonou, la police a procédé à l’arrestation de quelques figures de l’opposition, une semaine seulement après le putsch manqué du lieutenant-colonel Pascal Tigri, en fuite.

Le premier homme politique interpellé est l’ancien Ministre de la Défense Candide Azannaï, une figure de l’opposition béninoise. Il a été arrêté vendredi 12 décembre, à Cotonou, selon un de ses proches qui s’est entretenu avec l’Agence France Presse.

Pour son cas, il n’y a jusqu’ici pas de communication officielle établissant le lien de son arrestation avec le coup d’Etat manqué du 7 décembre dernier. Pourtant Dans une publication sur Facebook, l’ancien ministre de la Défense et ancien collaborateur du président Talon, avait condamné mercredi la tentative de putsch.

Chabi Yayi interpellé également

Chabi Yayi, le fils de l’ancien président Bony Yayi, a également été interpellé. Dans la nuit du samedi au dimanche, il a été arrêté et placé en garde à vue. Les raisons de son interpellation ne sont cependant pas précisées.

« Chabi Yayi, secrétaire aux affaires extérieures du parti d’opposition « Les démocrates », a été placé en garde à vue dans la soirée du dimanche. Le fils de l’ancien président Boni Yayi a été interpelé dès les premières heures de la même journée, aux environs de 2h du matin à son domicile à Cotonou.

Selon une source judiciaire, son domicile a été perquisitionné au moment de son interpellation, et des appareils dont des ordinateurs ont été saisis. A la fin de son audition, la police judiciaire a décidé de le placer en garde à vue. Officiellement, on ne sait pas encore ce qui lui est reproché », précise Rachida Houssou.

Le parti Les démocrates a publié dans l’après-midi du dimanche 14 décembre un communiqué pour dénoncer les conditions d’interpellation de son secrétaire national aux affaires extérieures.

« Le parti Les Démocrates informe l’opinion nationale et internationale que, pendant qu’il prend toutes ses dispositions pour préparer et gagner la prochaine élection législative, son secrétaire national aux affaires extérieures M. Chabi Georges Nadjim Yayi, a été enlevé chez lui aux environs de deux heures du matin, par des individus en tenue policière« , a alerté la formation politique dans son communiqué.

« Conduite à la Brigade économique et financière, aucune information formelle n’a été communiquée pour le moment, ni à sa famille ni aux responsables du parti« , poursuit le communiqué.

La formation politique dirigée par l’ancien Président Boni Yayi « dénonce avec la plus grande fermeté » cette arrestation et dit « s’inquiéter de l’intégrité physique de son responsable » dont elle « exige la libération immédiate« .

Boni Yayi, lui-même leader du parti Les Démocrates avait condamné la tentative de coup d’Etat contre le président Patrice Talon. Un mandat d’arrêt international a également été émis contre Sabi Sira Korogone pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État« , « incitation à la violence » et « incitation à la rébellion« . Le président de « La Coalition Bénin Debout » et par ailleurs leader de l’initiative Nikki en 2018, est un fervent opposant à la gouvernance du régime de Patrice Talon.

En dehors de ces figures de l’opposition, l’armée béninoise avait déjà mis aux arrêts 14 militaires le jour de la tentative de coup d’Etat. D’ailleurs, ils étaient attendus ce lundi au tribunal pour faire face au procureur spécial de la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET).

Cas Kémi Seba

Les autorités béninoises n’ont pas encore communiqué sur les raisons qui motivent les arrestations de ces figures de l’opposition. Elles ont en revanche émis un mandat d’arrêt international contre Kemi Seba, le leader de l’ONG Urgences panafricanistes, pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État et incitation à la rébellion ».

A l’annonce du putsch le dimanche 7 décembre, ce dernier s’était réjoui du « jour de la libération » de son pays. L’activiste a encore réagi dimanche 14 décembre, dans une vidéo, pour dire qu’il a pris ses précautions. S’adressant directement au président Patrice Talon, il a signalé que ce dernier ne pourra pas les arrêter.

Dans son message à la nation au soir du 7 décembre, le président Talon, avait averti que la tentative de coup d’Etat qu’il considère comme une « forfaiture ne restera pas impunie ». Présentés ce lundi 15 décembre 2025 devant le procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), les soldats arrêtés (13), après la tentative de coup d’État déjouée ont répondu des faits qui leur sont reprochés, notamment la tentative de remise en cause de l’ordre constitutionnel au Bénin.

Ils devront ensuite être entendus par le juge d’instruction, chargé d’instruire le dossier à charge et à décharge. Ils comparaîtront enfin devant le juge des libertés et de la détention, qui statuera sur leur maintien en détention provisoire ou leur remise en liberté sous contrôle judiciaire, dans l’attente de la suite de l’instruction.

Les autorités béninoises avaient annoncé, dans l’après-midi du dimanche 7 décembre 2025, l’arrestation de treize soldats impliqués dans ce coup de force avorté. Parmi eux figurerait un ancien militaire radié des rangs de l’armée, présenté comme un appui actif à la planification de l’opération.

Les affrontements survenus aux environs de 5 heures du matin au domicile du chef de l’État, se sont soldés par un échec pour les assaillants. En repli, ces derniers ont pris la direction de la télévision nationale, où ils ont brièvement diffusé une déclaration avant d’être neutralisés par les forces loyalistes. À ce stade, tous les protagonistes n’ont pas été appréhendés. Des membres du groupe demeurent introuvables dont le colonel Pascal Tigri, présenté comme le chef de file de la mutinerie et toujours activement recherché.

V. A.