« Dans le traitement de l’information, le journaliste doit prendre en compte l’article 17 de la nouvelle loi sur la presse qui stipule qu’il est tenu à ne diffuser que de l’information équilibrée et dont les sources sont suffisamment vérifiées » ,indique-t-il tout en précisant que si cet article est respecté, il y aura moins d’ennuis.
Sur des questions se rapportant à l’économie, à la monnaie, Pierre Bambasi souligne que si les informations sont bien vérifiées et réelles, le journaliste n’a pas raison de s’inquiéter. Pour lui, se poser la question sur l’intérêt de l’information à diffuser devrait guider tout journaliste, voir si elle n’a pas d’incidences négatives sur la vie nationale. Concernant les dossiers en rapport avec la corruption, le président du CNC trouve que si un journaliste travaille sur un tel dossier professionnellement, c’est d’ailleurs une façon d’aider les institutions chargées de lutter contre ce fléau. Cependant, précise-t-il, il faut bien vérifier que ces informations ne sont que des diffamations : « Nous voudrions que les journalistes soient à la hauteur de leur tâche ».
Revenant sur les relations entre le CNC et les médias, M. Bambasi affirme qu’elles sont au bon fixe. A ceux qui déclarent qu’ils ne vont pas appliquer cette loi, il estime qu’au lieu de se rebeller, « il faut explorer comment elle pourrait être appliquée sans causer des ennuis aux journalistes et du côté des professionnels des médias, voir comment exercer sans la piétiner ». Le président du CNC fait un clin d’œil à la presse burundaise : « Aujourd’hui, ceux qui déclarent qu’ils ne vont pas appliquer cette loi, je crois qu’il vaut mieux qu’ils lisent bien cette loi ou quittent la profession. Je pense que ce sont des déclarations d’intentions ».
Rappelons que cette nouvelle loi sur la presse a été promulguée par le président de la République le 4 juin 2013 pour remplacer celle qui datait de 2003. Ce qui a provoqué des réactions sévères dans le monde médiatique national et international qui jugent cette loi de liberticide et d’antidémocratique. Reporters Sans Frontières (RSF) a déclaré après la promulgation de cette loi que le 4 juin est pris comme une ‘’ journée noire’’ pour la presse burundaise et les responsables des médias privés se sont engagés à ne pas la mettre en application.



