Cotonou (© 2025 Afriquinfos)- Le Président Patrice Talon s’est exprimé autour des grands sujets d’actualité de son pays plongé dans un climat politique tendu, marqué par l’invalidation de la candidature du duo du parti Les Démocrates à la présidentielle de 2026.
Dans un entretien télévisé accordé le mardi 4 novembre 2025, le dirigeant est revenu sur les crises politiques qui ont marqué le pays depuis 2016, en particulier les législatives de 2019. Selon lui, l’ancien Président Boni Yayi porte la responsabilité principale de la tension politique et des violences postélectorales. «Ce qui s’est passé en 2019, seul le Président Boni Yayi en est responsable», a-t-il soutenu, rappelant que l’opposition avait initialement accepté de participer à la révision des textes avant de se retirer sur instruction de son leader.
«J’ai pris mes responsabilités, mais la vérité doit être dite. Je n’ai jamais voulu d’élections sans l’opposition», a martelé Patrice Talon, assumant les critiques qui avaient suivi.
Patrice Talon rappelle avoir convoqué un dialogue politique en août 2019. Il y voit la preuve de sa volonté d’ouverture, en soulignant que les Démocrates ont pu participer aux législatives de 2023 «sous les mêmes lois contestées en 2019». «Ceux qui criaient à l’exclusion ont pu siéger à l’Assemblée nationale avec 28 députés, preuve que le problème n’était pas la loi mais la volonté politique», a-t-il ajouté.
Dans le même entretien, le président béninois est revenu sur sa récente rencontre du 24 octobre 2025 avec Boni Yayi. Selon lui, son précédent lui aurait demandé «d’annuler le processus électoral en cours afin qu’on reparte à zéro histoire de repêcher le duo LD». Patrice Talon a expliqué avoir décliné cette requête, la jugeant «techniquement impossible». Il a plutôt proposé à Boni Yayi d’envisager des «accords parlementaires» avec d’autres partis tels que la FCBE, le BR ou l’UP-R, suggestion maintenue sans suite.
Le Président Talon a enfin réfuté toute volonté d’absorber l’opposition, comme l’avait insinué Boni Yayi. «Je n’ai jamais demandé que les uns et les autres aillent à l’UP-R ou au BR», a-t-il insisté, dénonçant les accusations selon lesquelles il chercherait à réduire les opposants à néant. Pour lui, le véritable enjeu demeure la maturité politique et la responsabilité des acteurs dans la consolidation de la démocratie béninoise.
Le Chef de l’Etat béninois s’est dit malheureux que le parti Les Démocrates n’aille pas à l’élection présidentielle de 2026. Pour le président Talon, le parti Les Démocrates aurait pu décrocher le sésame du parrainage s’il avait joué la carte du dialogue et de l’ouverture en établissant un accord de gouvernance avec la Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE), un autre parti de l’opposition. Talon s’indigne du fait que Boni Yayi et les siens aient préféré y aller sur le fil du rasoir avec leur candidat Renaud Agbodjo. Et la suite appartient à l’histoire.
Tout en émettant le vœu qu’au terme de son mandat en 2026, lui-même et Boni Yayi prennent leur retraite politique, Patrice Talon dit maintenir toutefois ouvertes les portes du dialogue, dans la perspective des prochaines élections générales et rassure son peuple.
V. A.



