Cotonou (© 2025 Afriquinfos)- L’opposition béninoise a exprimé des inquiétudes sur le processus préparatoire Elections générales 2026, malgré les promesses de l’actuel Président du Bénin de ne pas se présenter pour un 3ème mandat. Le cadre de consultation des forces politiques de l’opposition a tenu une conférence de presse jeudi 7 août 2025 à Cotonou, durant laquelle il a exprimé ses inquiétudes quant au déroulement des préparatifs des élections générales prévues en 2026.
Le cadre de concertation des partis de l’opposition a tenu une conférence de presse au siège du parti Les Démocrates le jeudi 7 août 2025 pour exprimer ses vives inquiétudes. Se fondant sur les conclusions préliminaires de l’audit réalisé par des experts internationaux, l’opposition a alerté l’opinion publique sur la persistance de près de 300 000 personnes décédées qui seraient toujours inscrites sur la liste électorale nationale.
La déclaration, faite par Chabi Yayi, secrétaire aux relations extérieures du parti Les Démocrates, a revélé les lacunes du système électoral béninois. Il a révélé que, malgré un précédent tri qui a permis de retirer plus de 31 000 noms, le chantier reste vaste et inquiétant. Pour l’opposition, la présence d’un nombre non négligeable de défunts, dans un pays qui compte environ 7,7 millions d’électeurs, constitue une anomalie grave qui nourrit les craintes de manipulations et de fraudes électorales. ‘’Nous ne pouvons pas aller à une élection avec un fichier aussi vicié’’, a affirmé Chabi Yayi.
Ces doutes trouvent leur origine dans les problèmes signalés lors des élections législatives de 2023, où l’on a relevé des électeurs affectés à de mauvais centres, des citoyens absents des listes et des ‘’bugs multiples. C’est en réponse à ces anomalies que l’opposition a demandé un audit indépendant du fichier électoral, une requête acceptée par le chef de l’État en novembre 2023. Selon l’opposition, les conclusions préliminaires de cet audit ont confirmé leurs peurs’’.
Chabi Yayi a souligné que le chiffre de 300 000 morts n’est pas une estimation de l’opposition, mais bien une donnée fournie par les experts eux-mêmes. Il a également indiqué que le rapport final de l’audit est attendu avec impatience, car il sera crucial pour approfondir l’analyse et proposer des recommandations. L’opposition exige d’ailleurs que ce rapport final soit ‘’publié sans délai’’ afin de permettre un débat public et institutionnel sur la question.
Plusieurs recommandations
Au-delà du fichier, l’opposition a formulé plusieurs recommandations pour améliorer le processus électoral. Elle appelle à une meilleure implication des mairies, des confessions religieuses et des services d’état civil dans la déclaration des décès. Cela permettrait de garantir que les données du fichier électoral sont constamment mises à jour et reflètent la réalité du terrain. Les experts ont également relevé la présence de centres de vote sans aucun électeur, un autre point d’alerte sur lequel l’opposition souhaite que les partis politiques soient mieux impliqués dans la validation de la carte électorale.
L’opposition a également soulevé la question de l’accès aux pièces d’identité, un enjeu majeur pour l’inclusion électorale. Selon Chabi Yayi, 40 % des électeurs n’ont pas de téléphone, ce qui rend difficile l’accès aux démarches administratives en ligne. Il a plaidé pour une décentralisation des services de l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip) et l’organisation d’audiences foraines pour faciliter l’enrôlement des citoyens dans les zones reculées. Ces mesures permettraient de s’assurer que tous les citoyens en âge de voter, y compris ceux qui vivent dans des zones isolées, puissent exercer leurs droits civiques.
Expérience Tèbè, l’un des coordonnateurs de l’opposition a alerté sur plusieurs points qu’elle juge préoccupants pour la sérénité du processus électoral.
Le Cadre a dénoncé le report, sans date de remplacement annoncée, de la distribution des fiches de parrainage initialement prévue par la Commission électorale nationale autonome (CENA) pour le 25 juillet 2025.
‘’Ce report, sans nouvelle date connue à ce jour, met les partis en difficulté. Il est impératif que les formulaires soient remis avant le 25 août 2025’’, a déclaré M. Tèbè. Selon l’opposition, cette incertitude pourrait compromettre la préparation des candidatures.
Autre sujet de préoccupation : l’accès au quitus fiscal, document obligatoire dans les dossiers de candidature. L’opposition réclame l’ouverture immédiate de la plateforme dédiée par la Direction générale des impôts (DGI). ‘’Tout retard dans ce domaine crée des encombrements de dernière minute qui sont préjudiciables à la sérénité dans l’obtention de ce document’’, a averti le Cadre.
Tout en relevant ces manquements, l’opposition a salué l’initiative de l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP) qui a mis en place un dispositif numérique pour permettre aux électeurs de vérifier et modifier leur centre de vote. Elle demande toutefois l’extension de ce service aux 546 arrondissements du pays.
L’opposition a cependant salué l’audit comme un ‘’pas vers plus de transparence’’, tout en insistant sur le fait que ce n’est qu’un maillon d’une chaîne démocratique complexe. ‘’Notre objectif, c’est une élection libre, transparente et inclusive’’, a rappelé Chabi Yayi. L’opposition appelle toutes les institutions impliquées à jouer leur rôle avec rigueur et à s’assurer que les erreurs du passé ne soient pas reproduites en 2026.
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